Aux urnes dimanche

le 17 mars 2011

Dimanche, on vote dans la moitié des cantons. Il s’agit d’élire des conseillers généraux chargés  de la gestion des départements. Au-delà,  ce scrutin aura une signification bien plus précise que les charretées de sondages dont on nous abreuve depuis quelques jours. Ceux-ci sont d’ailleurs partie intégrante d’un vaste dispositif visant, entre autre, à minimiser le scrutin de dimanche. Consigne a été donnée en haut lieu, d’une part, d’effacer toute trace de campagne électorale et, d’autre part,  aux candidats de droite de ne pas utiliser l’étiquette UMP. Ainsi, les électrices et les électeurs seront privés d’un débat démocratique sur le rôle des conseils généraux, du conseiller général et des incidences des choix nationaux sur les collectivités territoriales. Cela n’a pas empêché quelques responsables politiques, toujours les mêmes, d’avoir amplement accès aux radios et télévisions, à l’exception des responsables du Parti communiste qui auront été interdits de toute grande émission depuis des mois. On pense ce que l’on veut de ce parti et de ses responsables, mais nous serions heureux de connaître la raison pour laquelle une force politique qui a des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, qui anime dans l’unité des équipes de gauche à la tête de deux conseils généraux, qui participe à des dizaines d’autres, soit ainsi écartée des grands médias audiovisuels, les mêmes qui auront organisé la campagne interne du Front national, promotionné Le Pen et qui continuent de le faire.

Cette situation devient insupportable ! Aucun démocrate soucieux de la confrontation d’idées ne peut le tolérer. L’actuel climat politique a été créé de toutes pièces par le choix du Président de la République de déporter le débat public sur des thèmes parfois opposés aux valeurs constitutives de notre République en stigmatisant en permanence « l’étranger », en s’agitant autour de l’insécurité sans la faire reculer, en faisant mine de s’opposer à la spéculation financière mondialisée ou à la construction européenne, alors qu’il en est l’un des inspirateurs et acteurs depuis des décennies, comme parlementaire, puis ministre de longues années durant et maintenant Président de la République. Cette tactique a été choisie parce que M. Sarkozy veut éviter la confrontation sur les urgences sociales et écologiques, auxquelles il a totalement tourné le dos et masquer ce qu’il est : « le Président des riches ». Il n’est que justice qu’après avoir alimenté le débat depuis le 30 juillet, à partir de ce discours  nauséabond de Grenoble, il ait été retoqué par le  Conseil constitutionnel qui a déclaré la majorité des articles d’une loi sur la sécurité intérieure comme… « anticonstitutionnels ».

Mais il y a un autre enjeu qui s’est fait jour. Certain d’être en difficulté pour se faire réélire à la présidence de la République, M. Sarkozy aurait choisi une tactique consistant à créer les conditions pour que Mme Le Pen obtienne un score suffisamment élevé pour se retrouver face à elle au second tour, afin d’être sûr de l’emporter dans les conditions de M. Chirac en 2002.  Ce projet machiavélique est très dangereux en ce qu’il sape les bases de nos valeurs républicaines.  Un tel scénario boutiquier indique exactement la manière dont ces gens considèrent l’intérêt général de nos concitoyens et du pays tout entier. Dans le même ordre d’idées, le projet de matamore guerrier, avancé la semaine dernière par M. Sarkozy seul, sans discussion, ni avec son ministre des affaires étrangères, ni avec le gouvernement et encore moins avec le Parlement et après les attaques brutales contre le Mexique, en dit long, très long sur l’irresponsabilité politique de celui qui occupe le Palais de l’Elysée.

Face à une telle situation, les forces de gauche, toutes les forces progressistes et de l’écologie politique doivent se mettre en situation de débattre d’un programme alternatif de changement au service de cette majorité de nos concitoyens qui souffrent et ne supportent plus le sort qui leur est fait quand les profits des entreprises cotées en Bourse dépassent 80 milliards d’euros, dont la moitié sera accaparée par une poignée d’actionnaires jamais rassasiés. Quand les carburants augmentent chaque jour alors que Total aura fait 10 millions de profits et que le pouvoir profite de la situation pour augmenter le prélèvement de cet impôt indirect que constitue la taxe sur les produits pétroliers. Quand les plus modestes sont écrasés et maintenant des catégories moyennes, la gauche doit se bouger. Or, au lieu de dégager l’esquisse d’un programme simple de changement, portant sur les rémunérations du travail, l’emploi, la sécurité sociale et les retraites, les services publics, une partie de la gauche se perd dans un projet presque surréaliste de primaires. Ne vient-on pas d’apprendre, sans qu’il y ait eu de démenti, que l’un des candidats potentiels, placé en tête des sondages, M. Strauss-Kahn, discute en douce avec M. Borloo et selon le Figaro Magazine, essaie de débaucher d’anciens collaborateurs de l’équipe de campagne de M. Sarkozy ?

Dans ce contexte, l’expression populaire aux élections cantonales avec les forces du Front de gauche revêt donc une importance considérable. C’est d’autant plus vrai que l’utilisation de ce vote est aussi le moyen de redire son attachement à la démocratie de proximité en refusant la réforme territoriale de la droite qui veut supprimer le conseil général et l’élu proche de la population qu’est le conseiller général.

Il s’agit ni plus ni moins que de préserver un service public et un bouclier social. Une gestion de gauche au conseil général constitue souvent un moyen d’amortir les conséquences de la crise pour les familles populaires. C’est cela que veut supprimer le pouvoir sarakozyste en enlevant aux départements le principe de « compétences générales » qui leur permettait jusque là d’installer des services publics, de l’eau, des transports ou de l’environnement.

En votant pour les candidats présentés par le Front de gauche, on s’opposera du même coup aux orientations européennes trop souvent acceptées dans un consensus des deux principales formations qui disposent de la majorité au Parlement européen.

Le bulletin Front de gauche permet également de faire éclater ces mensonges sur les déficits publics, au nom desquels le pouvoir détruit tout.

La taxe professionnelle supprimée, ce sont d’énormes recettes en moins pour les conseils généraux. Cela leur impose un faux choix : soit augmenter les impôts locaux, soit réduire les services de la petite enfance à l’aide sociale, de l’insertion professionnelle aux actions pour l’habitat, des initiatives en faveur des personnes âgées à la politique de prévention et de santé, ou aux transports.

L’occasion est donnée le 20 mars de réclamer une nouvelle fiscalité locale avec une nouvelle taxe professionnelle incluant les actifs financiers des entreprises et des banques. Un tel prélèvement de 0,05% équivaut à une recette de 25 milliards d’euros. Combien de crèches, d’écoles, de maisons de retraite peut-on construire avec une telle somme ?

L’utilisation dimanche du vote Front de gauche est, par delà ses opinions, le moyen d’ancrer les choix départementaux bien à gauche. Mais il est aussi le moyen de peser pour empêcher les très mauvais coups en préparation. Une progression du Front de gauche aurait une signification nationale. Il témoignerait du refus de la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes alors que le gouvernement veut aller plus loin avec une augmentation de la TVA approuvée par M. Sarkozy il ya quelques jours au Conseil européen. Dans cette même réunion, il a approuvé la baisse des salaires, l’extension de la précarité du travail et l’ouverture des magasins les dimanches, jours fériés et le soir.

Le vote Front de gauche sera aussi le moyen de dire qu’on rejette le financement de l’assistance aux personnes âgées dépendantes par les assurances privées. Le moyen de réaffirmer qu’ une sécurité sociale modernisée, mettant à contribution les revenus financiers, répondrait aux défis de la dépendance. Cela permettrait de créer un grand service public d’aide à domicile à partir des départements, en coopération avec l’Etat et les services de santé.

Ce vote dit résolument « non » au  jeu de massacre social qu’induirait le pacte de compétitivité européen. Vote anti-droite, pour faire reculer l’extrême-droite, le vote Front de gauche dimanche est celui du rassemblement des électrices et des électeurs progressistes, pour gagner sur des programmes clairs ancrés sur les attentes du monde du travail et de la création, sur celles de la jeunesse. Il y a besoin de donner de la force à cette gauche combative, moderne, unitaire dont le souci premier serait l’amélioration concrète de la vie des familles populaires. Ce sera un acte positif  qui pousserait à défricher la voie inédite  d’un changement progressiste transformateur, s’attaquant résolument aux forces de l’argent et au capitalisme international.

Aux urnes dimanche pour faire exploser les scénarios du pire. Il reste quelques heures pour convaincre. Ce sont des  heures décisives où de nombreux électrices et électeurs font leur choix. Des peuples « dégagent » leurs dictateurs et réclament un vrai droit de vote. Ce n’est donc pas le moment, pour les classes populaires d’abandonner le leur lui aussi conquis de haute lutte par les générations qui nous ont précédés. Cela ne ferait que fortifier la dictature des puissances d’argent. Aux urnes !


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Lepage 17 mars 2011 à 19 h 19 min

« Aux urnes citoyens ! 20 mars 11
« Allons en bataillons !
« Votons, votons !
« D’une main sûre,
« Pour nos convi-ictions
(Une cantonaise en direction des bosseurs de Bruxelles : pour faire plus vrai et se rapprocher des marseillaises, en dehors des périodes d’urnes, urnes peut-être remplacé par âmes)…

Plus sérieusement, je ne voterai pas dimanche dans ma ville car seuls sont concernés les 2 premiers des …3 cantons. Oui, il y a 3 cantons à St Maur des Fossés dans le Val de Marne (l’un des 2 Conseils généraux, avec l’Allier, drivés en France par un communiste,) . Mais ce n’est pas à St-Maur que le Président, Christian Favier a gagné sa fonction….Si je mets ce petit mot, c’est que un excellent couple de vrais républicains était perplexe
En effet, les 2 candidats de gauche sont 2 anciens coéquipiers des collectifs 2006 : ce qui arrive et qui sera un sujet à bien traiter au plan national, c’est l’envie que devra savoir procurer le Front de gauche
par rapport aux cousins proches écologistes à des verts nombreux qui tournaient le dos au PS bipartite que »suivait » alors Voynet , pour aller vers des alternatifs…Ici, par exemple dans ce canton ouest, l’ancien « copain » est candidat eelv sans que soit accolé le sigle ps. Le PS n’est pas le candidat
Le Pcf, seul conseiller municipal (avec PS) est FG
Bien sûr ici cas très particulier où il semble aussi que les 2 droites pourront procurer une curiosité à tous sarkozy ump ou l’autre dvd à notoriété à peu près semblable…
Quels que soient les résultats de cette élection,
le vrai départ des certitudes des forces à constituer
sera à bâtir à/C de lundi 21, jour du Printemps
ligne droite en 2011 et pas de cadeaux à l’oligarchie…UNE « mondialisation » avec de jolies touches humaines sont arrivées avec Tunisie Egypte et jusque ce phénoménal coup de la Nature frappant je Japon 3è mais peuple peuple se reliant aux peuples et vice versa…Restons Français pour l’heure et il n’y a pas que la Révolution mais nous pour aller sur la bonne voie et donc servir l’Europe il y a en France, en Italie des copains à Bush à mettre en pause.
Bon dimanche pour le peuple français mais bon
(plus haut en parlant d’âmes je pense à l’ârme Jaujau et à son terroir et à sa France…Bernard

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