Alerte ! Ce que cache le projet droitier d’abaissement du salaire brut !

le 27 janvier 2022

Attention dangers. Si l’électorat de gauche, si nos concitoyennes et nos concitoyens attachés à la sécurité sociale, restaient l’arme au pied à l’occasion des élections présidentielle et législatives, s’ouvrirait, bien malgré eux, une vaste entreprise de démolition de notre système de protection sociale.

Les candidats de droite, de M. Macron à l’extrême droite, ne le revendiquent pas ouvertement, mais leurs propositions, entre lesquelles les différences il y a l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette, y aboutissent toutes. Pour préserver les intérêts du grand capital, les uns et les autres ne veulent ni augmenter les salaires, ni bloquer les prix, ni diminuer les impôts indirects désormais baptisés « impôts de consommation » et encore moins augmenter les impôts sur le capital dit « impôts de production » Ces mots nouveaux de la doxa libérale.

Tous en cœur avec Mme Pécresse, ils ont trouvé un subterfuge. Il a une apparence trompeuse de bon sens, un goût artificiel de justice, un mauvais parfum de reconnaissance du travail. Il s’agit, en réalité, d’un subtil poison qui détruirait la sécurité sociale, c’est-à-dire la capacité de notre communauté nationale à protéger tous ses membres de la maladie, à améliorer les capacités de l’hôpital et les conditions des personnels de santé.

Voici l’entourloupe ! Pour les droites, afin d’augmenter le salaire net sans toucher à la répartition de la valeur créée par le travail, il suffirait de réduire les cotisations sociales des travailleuses et des travailleurs. En apparence le travailleur touchera plus, mais il le rendra au centuple en cas de maladie et par la faiblesse induite des pensions de retraite. Ce que le salarié aura l’illusion de gagner d’une main, l’assuré social, il s’agira généralement de la même personne, le rendra de l’autre. C’est la partie de la rémunération socialisée donnant les moyens de faire face à la maladie, au financement des hôpitaux et des retraites qui diminuerait d’autant. Seul l’employeur serait gagnant ! Et  les recettes de la sécurité sociale seront d’autant affaiblies.

Mieux, où plutôt pire encore. La travailleuse, le travailleur, sa famille paierait le manque à gagner au prix fort, notamment par une augmentation de 2%, dans un premier temps, de la TVA. Cet impôt indirect le plus injuste qui ponctionne directement et lourdement le pouvoir d’achat populaire.

Plus fondamentalement, le transfert des cotisations sociales sur le travail, vers l’impôt, constitue une modification majeure de la conception même de la protection sociale universelle construite par le ministre communiste Ambroise Croizat, telle qu’elle est conçue par le programme du Conseil national de la Résistance (CNR). Dans l’esprit et la lettre de cette avancée civilisationnelle, dans une France ruinée par six années de 2e Guerre mondiale, la cotisation sociale contribue au redressement du pays parce qu’elle est un prélèvement sur la valeur ajoutée issue de la création collective de richesses, c’est-à-dire du travail.

Gérée par les organisations de travailleurs, elle est protégée de toutes formes de spéculations boursières ou immobilières. Elle est orientée vers la caisse de recouvrement de la sécurité sociale et distinct de la gestion de l’État. Ainsi, elle est à l’abri des tours de vis et des ajustements décidés par les gouvernements, désormais aux ordres des injonctions des autorités européennes. À l’opposé, l’impôt est prélevé par le Trésor public et ne donne aucun droit.

Intégrer plus avant la protection sociale au budget de l’État, en remplaçant des cotisations par des impôts, reviendra à subordonner l’efficacité (ou l’inefficacité) des politiques sociales à des considérations purement financières. Pourtant, tout le monde s’accorde, en pleine pandémie, à reconnaître que grâce à notre système de sécurité sociale – certes imparfait et affaiblie par de multiples coups de canif – la crise a pu être amortie.

Si un tel projet aboutissait, tandis que les plus fortunés se tourneraient vers les assurances privées, les catégories les plus modestes, au premier rang desquelles se trouveraient celles et ceux dont le salaire net a été un peu augmenté, seraient placés dans une situation de terrible insécurité sanitaire.

En 1910, défendant sa loi sur les retraites ouvrières et paysannes, Jean Jaurès avait alerté déjà : « l’assistance (l’argent des impôts versé aux plus démunis) quelle qu’elle soit, si soucieuse qu’elle soit de l’équité et de la dignité des hommes, c’est toujours… Le pauvre incliné pour recevoir. C’est souvent l’arbitraire, c’est l’indétermination… Avec l’assurance (le droit à une prestation sociale issue d’une cotisation), c’est un droit certain qui met l’homme debout, qui assure son droit à une heure déterminée….. Il a un droit certain, mathématique, qui respecte pleinement sa dignité d’homme. »

C’est une autre cohérence que dessinent les macronistes et les droites de tout poil. Dans leurs conseils de campagne, dans des cercles parisiens de la pensée libérale, on mijote en ce moment les mêmes projets.

M. Pascal Perri, dans une chronique chez nos confrères « Les Echos » daté du lundi 24 janvier dévoile ce qui se trame : « Est-ce bien le rôle du travail de financer la santé et la famille » interroge-t-il ? Et de conclure : « Il faudra tôt ou tard cesser d’accabler le salarié pour mettre un peu plus à contribution le consommateur »(1)

Ainsi les droites, qui feignent de répondre à la demande d’augmentation des salaires, construisent une arme de destruction massive de notre système de protection sociale. Or, l’heure appelle tout l’inverse : investir massivement, dans la santé et l’hôpital. Ils comptent donc faire le contraire.

Ce projet caché, si nous ne le démystifions pas, annonce aussi une profonde période d’austérité pour faire payer au prix fort le remboursement de la dette par les catégories populaires.

Dans ces conditions, pour un électeur se réclamant de la gauche, s’abstenir reviendra a donné un blanc-seing à la destruction de la sécurité sociale. Cette grande innovation communiste à la Libération. Ce ferment de communisme. Aujourd’hui, Fabien Roussel suit la même trajectoire pour mettre l’économie au service de l’humain. Au cœur des engagements de son programme, il y a le mieux vivre, de toutes et tous, garantie et sécurisé avec une sécurité sociale « bien commun » de ses cotisants. Avec la prise en charge à 100%, la suppression des franchises médicales, la fin des dépassement d’honoraires, la fin de la tarification à l’acte, du forfait hospitalier et des urgences payantes, le développement des centres de santé, l’ouverture de milliers de places d’étudiants en médecine, le développement de la médecine du travail, un plan débattu avec les syndicats et les élus pour l’hôpital public, la création rapide de 100 000 postes, la création d’hôpitaux et de maternités de proximité, la fin des déserts médicaux, la mise hors marchandisation financière des médicaments et des vaccins.

Le financement de telles ambitions pour notre pays est possible grâce à une cotisation additionnelle sur les revenus financiers des entreprises et des banques ; l’augmentation des salaires (brut et net), la sécurité de l’emploi ; l’égalité salariale femmes-hommes. Ce serait justice.

Nous faisons nôtre ce principe républicain de solidarité, mis en place par les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 : « De chacun selon ses besoins, à chacun selon ses moyens » formule inspirée du nouveau testament, reprise par Louis Blanc puis par Karl Marx (2). La civilisation est de ce côté. La barbarie de l’autre.

Patrick Le Hyaric

Le 27/01/2022

(1) Pascal Perri est économiste et géographe, chroniqueur aux Échos et LCI.

(2) Karl Marx dans critique du programme de Gotha


3 commentaires


Moreau 27 janvier 2022 à 11 h 21 min

Je me dis qu’il y a des années dans la vie où l’abstention électorale peut ne pas correspondre à la révolution citoyenne par les urnes, seule révolution d’art au sens littéral réalisable tous ensemble sans guerre ; et qu’il vaut mieux alors même voter au nom d’un simple mot comme le mot « paix », ou pour cette année ainsi que pour les prochaines, comme le mot « république ». Le manège à trois qui est le pire de la politique en 2022, ce n’est pas la république, ce n’est pas pacifique. On n’a pas besoin de mauvais manège. L’universalisme à trois spécificités (libéralisme universaliste, socialisme universaliste, communiste universaliste) se joignant en s’associant au mieux et pour le mieux pour toute la population sans racisme et sans exclusions d’êtres humains.

Moreau 29 janvier 2022 à 21 h 53 min

Moi, je ne suis pas anti alternance inédite, je suis anti manège à trois tant ça va en sens inverse de l’avènement de la nouvelle société française et européenne. Il faut à mon humble avis la gauche du vingt et unième siècle maintenant. Pourriez-vous Patrick Le Hyaric, nous décrire à tous en quoi les extrémismes du manège à trois sont pires que les défauts de la Constitution Européenne qui ne fut pas adoptée au suffrage universel en 2005 ; un tel parallèle à mon humble avis pertinent ; pourrait peut-être servir de très bon levier à Fabien Roussel pour un résultat à deux chiffres sans virgule car en tout objectivité, le communisme spécifique 2021-2022 mérite beaucoup mieux que 1,5%. C’est un commentaire républicain entièrement objectif.
Les Citoyennes et les Citoyens ont tout à perdre dans des sondages puis des résultat totalement aberrants.

Moreau 30 janvier 2022 à 23 h 49 min

Je suis devenu âgé mais je suis toujours pour ce que j’ai été pour … Et contre les fléaux irrésolus sur plusieurs décennies…
En fait, moi, je n’ai jamais été entièrement contre le capitalisme bien que j’ai vécu au seuil de la pauvreté comme je dis, mais j’ai toujours été contre le racisme entre les Hommes ; et pour les Droits Humains ; et pour une gauche bien pétrie de culture populaire majeure, et bien sociale sans être gaspilleuse. Je suis pour la vaccination de tout le monde, au besoin par la levée de brevets afin de ne pas y passer dix ans ; et je n’ai jamais fait de l’immigration et de la pandémie des sujets politiques ; alors c’est peut-être pour ça. Les gens sont tout de même libres d’aimer la pensée universelle que représente que représente l’alternance inédite et d’aimer en même temps la gauche authentique universaliste du vingt et unième siècle ; pour une vie d’humanité, pour une vie simple mais digne du passage sur notre Terre.
La vraie gauche, ça n’a jamais été selon moi de l’adversité politique, c’est de l’humanité politique comme il y en avait dans les années 60, 70, 80… Il y a besoin d’elle et de ses réponses actuelles voire de 2021-2022 qui sont en progrès. Je pense que la population y perd trop quand il y a manque d’humanité.
En fait je suis en toute période pour la meilleure Constitution Européenne possible.

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