Une nouvelle période vient de s’ouvrir…

le 21 juin 2012

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Les électrices et électeurs ont prolongé et amplifié leur vote en faveur de F. Hollande en faisant basculer l’Assemblée nationale à gauche. Ainsi se referme la page de dix ans de pouvoir de droite, dont cinq ans de sa variante sarkozyste, plus proche des néoconservateurs nord-américains que de la droite républicaine. L’extrême-droite s’est renforcée dangereusement parce que certains de ses thèmes de prédilection étaient repris par le pouvoir en place.  Mais il faut noter que ce sont les parlementaires de droite qui ont popularisé ces thèses avec le plus de zèle qui ont davantage été désavoués par les électeurs. Durant ces dernières années, la droite a perdu toutes les élections sans exception, au point qu’aujourd’hui le Parti socialiste détient tous les leviers du pouvoir.

Il est le grand bénéficiaire d’une mobilisation électorale qui n’a pourtant été possible que grâce à l’engagement de toutes les composantes de la gauche et de l’écologie politique. Des grandes villes, aux départements, aux régions, jusqu’à l’élection du président de la République, l’apport des électrices et électeurs des forces se reconnaissant dans le Front de Gauche a été déterminant. Après avoir rassemblé quatre millions de voix sur le nom de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle et fortement contribué à l’élection de F. Hollande, il a augmenté son poids électoral aux législatives, comparé à celui obtenu en 2007 par les candidats du Parti communiste. Pourtant, moins de députés de cette sensibilité siègeront à l’Assemblée nationale. Le système institutionnel favorise cette déformation de l’expression de la volonté populaire au bénéfice de deux forces dominantes et au détriment, notamment, des autres composantes de la gauche. Il crée artificiellement une situation bipolaire, comparable à celle de l’Allemagne ou des Etats-Unis, qui ne correspond en rien à l’histoire et à la réalité de notre pays. De nombreux citoyens n’y trouvent pas leur compte, dont beaucoup viennent grossir une abstention qui atteint désormais une côte préoccupante. Elle est à la mesure d’une certaine sclérose du débat démocratique qui nourrit la crise de la représentation politique.

Cette déformation est telle qu’aujourd’hui, alors que la gauche détient tous les pouvoirs, la droite reste majoritaire dans le pays. Au-delà de la critique des mécanismes institutionnels, des questions simples méritent un examen approfondi. Pourquoi la magnifique dynamique du Front de Gauche à l’élection présidentielle, jusqu’ici la plus difficile, ne s’est-elle pas prolongée dans les élections législatives au point de fragiliser des députés bien implantés et reconnus comme utiles par les populations de leurs circonscriptions ? Pourquoi les candidats du Front de Gauche n’ont-ils pas pu endiguer, voir limiter la puissance de l’appel à donner une « majorité cohérente » au Président de la République, méthodiquement relayé par les premières décisions gouvernementales, largement appréciées comme positives par le peuple de gauche ? Pourquoi la volonté de contribuer à la réussite du changement a-t-elle pu parfois être perçue comme son contraire ? Il y a là un vaste chantier d’analyse nécessaire si l’on veut faire franchir au Front de Gauche un nouveau palier qui rende son apport irremplaçable aux yeux du monde du travail et de la création.

Ainsi, au cœur d’une crise profonde et durable, faute d’éclairer dans la confrontation démocratique les moyens pour changer vraiment, le niveau d’exigences sociales reste modeste pour la majorité de nos concitoyens au plus grand avantage des puissances d’argent. Il s’agit là pourtant d’une question clé pour que nos concitoyens deviennent auteurs et acteurs d’un processus de transformation sociale comme a tenté de le faire le Front de Gauche en mettant en débat ses propositions neuves sur le partage des richesses, la maîtrise du secteur bancaire et financier, la réorientation de l’Europe ou encore la revitalisation de la démocratie, à commencer par la proportionnelle aux élections et de nouveaux pouvoirs pour les salariés.

Un « tweet » entre les deux tours des élections législatives a occupé tout le champ médiatique, occultant la gravité extrême pour le présent et l’avenir, d’une droite occupée à abattre les dernières digues qui la séparaient du parti nauséabond de l’extrême-droite. Pendant que la « médiacratie » faisait un boucan d’enfer autour de cette « affaire », personne n’a dit mot  sur cette entreprise du bâtiment qui maquille des accidents du travail en suicides, pas plus que sur l’Espagne plongeant dans l’abîme dans un silence de plomb. Pendant ce temps là, le Parlement européen votait deux textes de règlements applicables par tous les Etats, ressemblant comme deux gouttes d’eau au pacte d’austérité budgétaire initié par M. Sarkozy et Mme Merkel. Et que dire de l’insupportable situation faite aux Syriens, de la gravité de celle de la Tunisie et de l’Egypte au regard de ces 140 signes sur un téléphone portable sur lesquels s’est focalisé la campagne d’entre deux tours ?

Aujourd’hui, il convient de tout faire pour que les victoires de la gauche répondent réellement aux espoirs et aux attentes de celles et ceux qui n’ont que leur travail et leur retraite pour vivre.

Certes, nous connaissons la gravité de la crise économique, sociale, écologique et le combat acharné qu’il faudrait mener pour la surmonter. Raison de plus pour ne pas céder aux logiques de la finance et du grand patronat. Au contraire ! C’est en répondant aux besoins populaires d’amélioration du pouvoir d’achat, de justice sociale et fiscale, du respect du droit à un travail stable pour chacune et chacun, de défense et d’amélioration des services publics et de la protection sociale que l’on pourra faire reculer la crise. Ceci serait limité ou impossible si le Parlement ratifiait le traité d’austérité budgétaire. Le faire reviendrait à se placer encore plus sous la coupe du capital allemand qui veut dominer l’Europe. Or, c’est ce que rejettent, peu ou prou, sous des formes diverses, les peuples depuis des mois. Le bon résultat de Syriza en Grèce le montre à sa façon. S’agissant d’un enjeu si important qui conditionne pour une part essentielle la souveraineté populaire et la capacité à mener à bien des réformes structurelles progressistes, il est indispensable de permettre à nos concitoyens d’être informés sur ce nouveau traité qu’avait signé N. Sarkozy et de permettre au peuple de décider par voie de référendum.

Face aux pressions de toutes sortes qui vont s’exercer, puisque la droite l’a déjà annoncé, notre peuple aura besoin d’intervenir en permanence pour obtenir de nouvelles orientations, de nouvelles lois sociales, démocratiques ou des loi de programmation par exemple pour progresser vers la mutation écologique ou encore pour créer les conditions d’un nouvel avenir à la jeunesse ou l’amélioration de la protection sociale et de la santé.

Fort de sa contribution à la victoire et de son poids politique, le Front de Gauche, à la fois autonome et unitaire, sera disponible, utile, dans les assemblées comme dans tout le pays comme force d’action et de proposition pour être utile aux changements progressistes qu’attendent nos concitoyens.

21/06/2012

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Canelle 21 juin 2012 à 12 h 59 min

Je ne pense pas que nous soyons sortis de l’ère américaine. Les méga-camions arrivent sur les routes de France !
http://www.ladepeche.fr/article/2012/06/21/1383733-les-mega-camions-de-60-tonnes-vont-debouler-sur-nos-routes.html#xtor=EPR-1

Merci à la Commission Européenne, pour tous ceux qui empruntent les routes de France : jeunes, travailleurs, personnes âgées, touristes, etc….

Vivement que l’Europe que nous connaissons disparaisse !
Marre que l’on nous dicte notre vie !

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