Pour la Commission européenne, répondre à la crise c’est supprimer les solidarités et satisfaire les marchés

le 29 septembre 2010

Alors que cette année 2010 a été décrétée « année de lutte contre la pauvreté en Europe », et que le chômage ne cesse d’augmenter, la Commission européenne prépare pour cette fin de semaine un conseil économique et financier des plus antisociaux qui va accentuer la désindustrialisation, le chômage et la pauvreté.

Au moment du déclenchement de la crise, de nombreuses institutions ont salué le rôle des politiques de solidarité dans les pays européens comme « amortisseurs de la crise », pourtant la commission pousse à la destruction de ces solidarités.

Elle demande que la part de la dette d’un pays au-delà de 60% du PIB (la France était à 78% à la fin 2009), limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance, baisse à un rythme annuel de 5% pendant au moins trois ans. Dans le cas contraire, le pays serait sanctionné par une amende équivalente à 0,2% de son PIB. Mais la commission n’exige rien des banques à qui, sous différentes formes, ont été donnés en Europe près de 3000 milliards d’euros, c’est d’ailleurs l’une des causes essentielles de l’augmentation des dettes. Les banques sont passées faire des retraits à la caisse, et maintenant ce serait aux peuples de banquer ! Cette orientation est inadmissible, intolérable.

Par exemple, cette taxe équivaudrait pour la France à une ponction de 3.8 milliards d’euros. Soit le budget de l’agriculture ou la moitié de celui de la justice.

Ce choix de la Commission qui doit être validé par les Etats est une aberration économique, sociale et politique. Nous appelons donc la France à ne pas le valider. Cette Commission est sourde aux souffrances des européens, des 75 millions de pauvres, des chômeurs, des travailleurs.

Au contraire, le message de la Commission est le suivant : « soit vous acceptez des sacrifices sans précédent soit vous paierez notre amende ». C’est déjà au nom de ces choix qu’est appliquée la super-austérité, avec le démantèlement des services publics et la casse des systèmes de retraite.

La Commission, avec ses calculs rigides et sans vision politique, ne propose aucun plan de relance, n’a pas pour réel objectif l’emploi et les salaires. Cette décision est en réalité un gage donné aux marchés financiers pour les rassurer sur l’argent qu’ils ont placé sur l’euro. On voit les dégâts en Europe, sur un an le nombre de personnes ayant un travail continue de diminuer.

Il faut au contraire changer radicalement de politique en changeant les fonctions de la BCE qui doit avoir un rôle de financeur des entreprises créatrices d’emplois, investissant dans la formation et l’emploi. Il faut lancer un grand plan de relance à l’échelle de l’Union, financé par la taxation des marchés financiers, qui passe par des associations d’entreprises européennes et de services publics européens, la mise en place d’objectifs en terme d’emplois, de développement industriel, de services utiles, et une vraie politique sociale.

Au pacte d’austérité, nous opposons un pacte de développement social et humain durable. Celles et ceux qui agissent aujourd’hui dans toute l’Europe à l’appel de la Confédération européenne des Syndicats, sont les ferments de l’indispensable Europe sociale.

0 commentaires


HERODE Joël 29 septembre 2010 à 21 h 13 min

Dites moi tout, docteur…! Est-ce que je souffre d’Alzheimer précoce ou est-ce le peuple français, entre autres, qui avait dit NON en 2005 au TCE ? Est-ce un président indigne, son gouvernement incapable et son parlement de godillots réunis en grandes pompes à Versailles qui nous ont volé notre décision ?
Comment faire confiance à une commission européenne qui commence déjà a reculer sur les sanctions que la France de Sarkozy, Hortefeux et Besson mériterait dans sa chasse répugnante aux roms et aux étrangers en général ?
L’Europe sociale, si tant est qu’elle ait existé un jour, a été enterrée avec la signature du « traité de Lisbonne ».

Patrick Albert 29 septembre 2010 à 21 h 30 min

Il faut rompre avec cette Europe dont tous les traités sont au service du libéralisme.

MARAT EL MOKRANI 29 septembre 2010 à 21 h 38 min

Il faut que la France n’applique pas les directives européennes qui agraveraient les dificultés du pays et des plus modestes et ne pas s’interdire de sortir de l’union europénne si les intéréts de la France et du Peuple l’exigent.

René Gomis 30 septembre 2010 à 14 h 33 min

L’Europe a été faite par et pour la haute finance et les combinards de tous poils. Le kg de pomme était vendu au détail à 2fr,50 en grandes surfaces, aujourd’hui il est vendu à 2,50euros soit 6,1/2 fois plus cher, le producteur en crève, et le consommateur en est privé !
sortir de l’Europe ne me poserait pas de problème! Je ne vois pas comment nous pourrions faire une Europe Sociale, lorsque chez nous, la droite de Sarkozy aidés des sociaux démocrates du PS ne tiennent pas compte du vote « NON » à la constitution européenne.des 55% de français en 2005.

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