Arrêter le bras des saigneurs

le 8 mai 2010

La main sur le cœur, ils  veulent nous fait croire qu’ils vont « sauver » la Grèce. En fait les Etats, la commission, le conseil européen, épaulés de la sangsue du Fonds Monétaire International s’acharnent à sauver les marchés financiers. Le peuple grec, qui ces dernières décennies était déjà bien loin de vivre dans l’opulence, va maintenant subir la terrible et horrible loi du sang et des larmes. Il doit payer une crise dont il n’est en rien responsable. Son entrée dans l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne lui a été imposée. Et aujourd’hui, si on laisse faire, il va devoir subir le long et dur calvaire de la super austérité, de la démolition de ses droits sociaux, de certains services publics, pour continuer d’alimenter les caisses des institutions bancaires et financières.

Ce plan est inspiré de la loi du talion qu’impose le Fonds Monétaire International aux pays en voie de développement. Rappelons que ce sont les Etats-Unis qui disposent de la majorité des votes au FMI. C’est la saignée contre le peuple. Après cette dernière, ce sera  encore la saignée pour rembourser le service de la dette sans cesse grossie de taux d’intérêt exorbitants.

Ainsi ce programme de régression générale peut durer un quart de siècle ! Voilà ce que permet l’Europe actuelle bâtie sur « la liberté totale de circulation des capitaux » avec une monnaie unique rigide dont la seule possibilité d’ajustement en cas de difficulté s’opère par la réduction des dépenses sociales et publiques utiles. Avec une Banque centrale européenne dont la vocation n’est pas d’aider les populations, l’emploi, le progrès social, le développement durable mais les marchés financiers.

Autant de questions qui nous n’avions cessé de souligner lors des débats sur l’acte unique européen, les traités de Maastricht et de Lisbonne. Il faut d’ailleurs noter que seul le monde du travail et de la création trinque. Les puissances financières ne sont pas mises à contribution et les crédits de dépenses militaires ne sont pas réduits.

Comme nous aurions préféré avoir tort ! Nous appelons à la solidarité active avec le peuple grec qui se rassemble et agit contre le violent plan de souffrances qui lui est imposé. C’est d’autant plus indispensable que la cure d’austérité n’est pas un mal nécessaire pour rétablir la situation en Grèce. Elle est comme un médicament qui va achever le malade. En réduisant les salaires, la croissance sera encore ralentie et le chômage en augmentation. Il est curieux que l’Union européenne soit la seule zone économique qui fasse le choix de la compression de la demande. Les Etats-Unis et la Chine font exactement l’inverse. Comment peut-on parler de solidarité européenne quand les Etats vont prêter à la Grèce à des taux d’intérêts dépassant 5% ? Des ministres français vont jusqu’à s’en réjouir! Pensez donc, les souffrances de nos amis grecs appelées à la rescousse  des caisses de l’Etat, sans doute pour de nouveaux cadeaux à leurs amis privilégiés de la fortune ! 

D’autres solutions existent en Grèce comme dans les autres pays : l’augmentation de la fiscalité sur le capital et la spéculation, l’amélioration des salaires et des pensions, le crédit public sélectif,  seraient autant de facteurs de relance.

Tous les peuples européens ont maintenant besoin d’un changement de cap de la construction européenne, d’une modification des statuts de la Banque centrale européenne, d’une fiscalité commune sur le capital, d’une stratégie de moyen terme d’harmonisation par le haut pour des avancées sociales partout et le développement de vrais services publics nationaux et européens, d’un nouveau développement écologique.

De même, la question des déficits et dettes bancaires des pays comme des départements et des communes doit être réexaminée. Car une partie des dettes n’a aucune justification sinon celle d’un pillage des ressources.

Cette solidarité avec les populations grecques est d’autant plus indispensable que la situation de ce pays est désormais utilisée pour accélérer les projets de recul sociaux et les plans d’austérité dans tous les autres pays.

Ainsi, M. Minc, qui conseille les milieux d’affaires et souvent le Président de la République, a déclaré il y a quelques jours que la réforme des retraites doit être « un signe envoyé aux marchés financiers ». Et M. Fillon a plaidé, pour une accélération de l’harmonisation sociale, mais… vers le bas, déclarant : « Participer à l’Euro suppose d’harmoniser progressivement les systèmes économiques et sociaux des pays membres ». (…)  « On ne peut pas avoir la même monnaie et travailler 42 heures dans un pays et 35 ou 37 dans l’autre. On ne peut pas avoir la même monnaie et partir en retraite à 67 ans dans un pays et à 55 ou 56 ans dans un autre ». Cela éclaire d’un jour cru la cause et la nature des contre-réformes réactionnaires du pouvoir de droite.

L’action unie contre le recul de l’âge de départ à la retraite, la casse des services publics, le blocage des salaires et des pensions, la réduction des crédits publics, la solidarité avec le peuple grec et le mouvement qui doit reprendre pour changer les traités européens, ne sont qu’un seul et même combat à mener dans l’unité la plus large.

 

AGISSONS ENSEMBLE POUR UNE INITIATIVE POLITIQUE EUROPEENNE

 

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0 commentaires


gouet 8 mai 2010 à 11 h 18 min

le pâtron du fmi est le n°2 du ps non ?

Δον Κιχωτης 8 mai 2010 à 13 h 01 min

Bien sur que oui C est pour ca je dis que je ne crois a rien et a personne Nous ne nous sommes plus des idiots

MARAT EL MOKRANI 8 mai 2010 à 12 h 42 min

L’aveu du premier ministre indique bien que le choix de l’europe estcelle d’une harmonisation par le BAS’et pourquoi sinon pour engraisser un peu plus les nantis.Il faut en effet une autre construction europeenne ,il faudrait revenir dans un premier temps a l’europe des six faire une harmonisation sociale par le HAUT preserver la souverainete des peuples et des Nations et ensuite l’elargir progressivement en promouvant une aide aux autres peuples pour une europe de la cooperation avec d’autres pays9sud mediterrneen).

pondemer claude 10 mai 2010 à 7 h 38 min

Et si on arrêtait de parler des « marchés financiers » comme s’il s’agissait d’entités incontrôlables étrangères à un système économique qui s’appelle le capitalisme et dont on connaît parfaitement les forces sociales, politiques, et les hommes qui le promeuvent et le défendent bec et ongles.
Alors que nous avons un boulevard idéologique et que le grand barbu doit se tordre de rire comment se fait-il que nous, les communistes notamment les jeunes soyons aussi inaudibles?
bravo à Patrick pour ses efforts de vulgarisation et courage!

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