Prendre le pouvoir sur l’argent !

le 25 octobre 2017

Pour justifier un budget qui va servir les hyper-riches, la droite macroniste répète sur tous les tons qu’elle le fait pour relancer le financement de l’économie. Balivernes ! Qu’en est-il du financement de l’économie quand le fleuron Alstom et les chantiers de Saint-Nazaire sont cédés sur tapis vert ? Qu’en est-il de l’ambition de redresser le pays quand sont insultés les travailleurs de GM&S qui réclamaient précisément que des investisseurs viennent conforter leur activité et l’emploi ?

La majorité parlementaire et le gouvernement veulent baisser les impôts sur le capital et faire grimper la fiscalité indirecte comme le préconise Bruxelles qui baptise ces prélèvements «  impôts de consommation ». Il s’agit en fait de mettre la dernière main à un long processus qui a vu la part de l’imposition de la fortune et du capital se réduire comme peau de chagrin. Pour autant, le chômage et la précarité n’ont cessé de progresser et le sang industriel du pays coule toujours dans le ravin creusé par les rapaces de la finance. Les plus fortunés bénéficiaient déjà d’un bouclier fiscal qui permettait à chacun des cent premiers d’entre eux de bénéficier d’une ristourne de 1,15 million d’euros. C’est pourtant un bouclier social pour les salariés et les privés de travail qui serait facteur de justice et favoriserait réellement l’activité.

Ces dix dernières années, les contributions demandées aux puissances financières ont été allégées de deux cent milliards d’euros, quasiment l’équivalent de quatre budgets de l’éducation nationale. Dans le budget 2018, les contributions demandées à la minorité de la population disposant de grandes fortunes sont à nouveau abaissées de quatre milliards d’euros alors que les couches populaires seront ponctionnées d’un milliard deux cent mille euros, sans parler de la baisse des APL ou de l’augmentation de la CSG, et les dépenses utiles à la collectivité vont être amputées de quinze milliards. Dans un pays où la rente est favorisée tout ceci ne profitera en rien à l’investissement productif puisqu’il n’existe aucune obligation, ni même de mécanisme incitatif. Même quand il en existait un, baptisé « ISF/PME », seulement 400 millions d’euros ont été orientés de la poche des nantis vers les petites et moyennes entreprises. Une goutte d’eau quand on sait que, par ailleurs, elles souffrent d’une ponction de 30 à 40% de remboursements d’intérêts, de frais bancaires divers, de prélèvements de leurs donneurs d’ordre sur leurs profits bruts.

Placer son argent en actions et en obligations ne signifie pas qu’on aide les PME et l’emploi. Les actions placées en bourse sont souvent loin de l’économie réelle française et la rémunération en dividendes des grands groupes est bien plus rentable, surtout en France. Or, ce sont précisément ces détentions d’actions et d’obligations qui vont être exonérées. Ajoutons que les chasseurs de dividendes vont, grâce au Conseil constitutionnel, se voir reverser un pactole de dix milliards d’impôts à cause d’un dispositif de taxation additionnelle à l’impôt sur les sociétés sur les dividendes, jugé non conforme. Il avait pourtant été concocté sous le précédent quinquennat par l’ancien secrétaire général-adjoint de l’Elysée devenu président de la République et l’ancien conseiller de M. Moscovici, devenu secrétaire général de L’Elysée !

L’argument invoqué de manière incessante pour abaisser l’impôt sur la fortune est qu’il pousse à l’exil. Aux voleurs, le pouvoir dit donc « inutile de partir, désormais, avec nous, vous trouverez votre bonheur sur place ». Si 70 milliards d’euros s’envolent effectivement dans les paradis fiscaux, on le doit d’abord à une tolérance sans commune mesure avec celle dont bénéficieraient les voleurs de poules. Un moyen simple de dissuader l’exportation des capitaux consisterait à créer un impôt universel, tel qu’il existe aux Etats-Unis, qui oblige chaque contribuable à payer ses impôts en France où qu’il se déplace. Que le gouvernement agisse avec fermeté pour empêcher l’évasion fiscale et fermer les paradis fiscaux !

La révolution fiscale pour plus de justice et d’efficacité reste à faire. Ce pouvoir va jusqu’à rester sourd aux alertes que lancent des organismes peu suspects de sympathie pour la justice sociale ou le communisme. Ainsi, l’OFCE note que la minorité des 10% les plus riches va capter plus de 40% des baisses d’impôts. Le Fonds Monétaire International(2) a pointé la semaine dernière que de telles orientations creusent les inégalités et sont « un frein pour la croissance », en ajoutant que la baisse de la fiscalité sur les plus hauts revenus n’a pas entraîné de regain d’activité. Il appelle à utiliser l’outil de la progressivité de l’impôt pour réduire les inégalités en indiquant que « différents types d’impôts sur la fortune peuvent être envisagés ». « Cause toujours » leur répond M. Macron.

Tout ne pourra s’inverser que si se lève un mouvement populaire unitaire, large, démocratique, conscient de sa force. Seule la construction d’un mouvement majoritaire pourra créer un rapport de forces qui mette en cause la sacro-sainte loi de l’argent.

(2) fiscal monitor « lutter contre les inégalités »

6 commentaires


Moreau 25 octobre 2017 à 18 h 34 min

La majorité présidentielle réalise un commencement de la révolution fiscale car s’il est vrai qu’elle rabote l’APL, elle supprime la taxe d’habitation, soit un impôt de moins dans l’Union Européenne, ça s’appelle réaliser une oeuvre de simplification, et une telle oeuvre de simplification, ça va dans le sens de la construction de l’Union Européenne.
Ce n’est pas dit dans l’article.
Les gens pauvres, ou précaires, ou au smic à durée indéterminée ; s’angoissent beaucoup plus de l’insuffisance du pouvoir d’achat, des dictats abusifs dans le nouveau contrôle automobile de nature à leur faire immobiliser leur véhicule alors qu’il y n’y a pas la voiture des Peuples de l’Union Européenne contrairement à la politique de la voiture du Peuple (2cv, R4, première Renault Twingo) ; aucun parti politique ne s’occupe des besoins de toute la population et la partie pauvre ou précraie, ou au smic à durée indéterminée, s’angoisse beaucoup pour des biens estimés indispensable pour vivre : l’auto, l’ordinateur (beaucoup de gens souhaiterait l’ordinateur standard économique et fiable pour la vie quotidienne et travailler, pas pour les jeux, les rayons des grandes surfaces sont déjà saturées d’ordinateurs pour les jeux. Il faudrait un mouvement de gauche républicain et donc pas eurobéat et pas europhobe, un mouvement républicain authentique universaliste français et européen lucide, pionnier, et solidaire. Monsieur Macron n’est pas du tout responsable de l’absence d’un tel mouvement sans lequel il n’y a pas la démocratie dans l’Union Européenne puisqu’il n’y a pas la démocratie en France. Ce n’est pas parce qu’il y a au moins une trentaine de partis politique français qu’il y a la démocratie. Le parti libéral républicain universaliste de monsieur Macron n’a pas d’opposition républicaine universaliste ; c’est le seul problème réel et ce problème n’est pas de la faute de monsieur Macron mais de la faute de tous les partis, ce n’est pas pour rien qu’il a fait une nouvelle majorité en faisant un nouveau parti, la république en marche est le seul mouvement républicain universaliste français et européen, et il est donc sans opposition républicaine universaliste. Les discours de la gauche, devenue pseudo gauche, qui concernent la construction monétaire de l’Union Européenne sont tous incohérents puisque les gens n’arrivent plus du tout à savoir si cette pseudo gauche parle de construction monétaire isolationniste ou de construction monétaire européenne, de social isolationniste ou de social européen…Au moins la majorité présidentielle est clair, elle fait une politique générale française et européenne républicaine universaliste, certes il est impossible qu’elle arrive à servir tout le monde selon chaque attente essentielle par ce que pour servir tout le monde dans une république, il faut la démocratie qui demande une majorité et une opposition républicaine, il n’y a pas de vraie opposition républicaine française et européenne à l’instar de la majorité. Alors forcément, ça va mal pour une partie de la population, de plus en plus mal. C’est de la faute de tous les partis, il est impossible qu’une majorité présidentielle républicaine, qu’elle soit libérale, ou socialiste, ou communiste, puisse servir la France et l’Union Européenne comme il faudrait les servir dès lors qu’elle n’a pas d’opposition républicaine. L’isolationnisme infondé, ce n’est pas république mais la division de la république, beaucoup de gens sont victimes parce qu’il n’y a pas la démocratie et la cohésion de la république ; il doit y avoir une trentaine de partis et mouvements politiques en France et dans l’Union Européenne il y a 28 ou 27 pays, si tous les pays de l’Union Européenne abusent ainsi en se constituant un nombre de 30 partis, il y aura plus de 500 partis dans l’Union Européenne, impossible de construire l’Union Européenne avec 500 partis. Donc en ce qui concerne la France, tout est de la faute des partis parce qu’ils ne disent pas toutes ces vérités fondamentales tous les jours, ils n’en parlent jamais.

Moreau 26 octobre 2017 à 12 h 34 min

L’alternance en cours est à critiquer avec pragmatisme et en faisant des propositions nouvelles si la critique prête à condamnation. Il y a des points très positifs dans la politique de monsieur Macron et des points négatifs dangereux pour la vie quotienne (politique du transport particulier avec acharnement sur les automobilistes, politique informatique) ; c’est un changement très positif que celui de supprimer la taxe d’habitation et de compenser sa suppression en rabotant l’allocation logement, c’est un travail de simplification remarquable, très constructeur de l’Union Européenne ; il faut le dire, tout autant qu’il faut dénoncer la politique dangereuse pour l’automobile pour tous et l’ordinateur pour tous.

alain harrison 27 octobre 2017 à 6 h 35 min

Bonjour.

«« aucun parti politique ne s’occupe des besoins de toute la population et la partie pauvre ou précraie, ou au smic à durée indéterminée, s’angoisse beaucoup pour des biens estimés indispensable pour vivre : l’auto, l’ordinateur »»

Vint s’ajouter:

«« Ces dix dernières années, les contributions demandées aux puissances financières ont été allégées de deux cent milliards d’euros, quasiment l’équivalent de quatre budgets de l’éducation nationale. Dans le budget 2018, les contributions demandées à la minorité de la population disposant de grandes fortunes sont à nouveau abaissées de quatre milliards d’euros alors que les couches populaires seront ponctionnées d’un milliard deux cent mille euros, sans parler de la baisse des APL ou de l’augmentation de la CSG, et les dépenses utiles à la collectivité vont être amputées de quinze milliards. »»

Nous avons un grave problème structurel et c’est le système économique financier néo-con-libéral sauvage et ses dommages collatéraux, les évidences pleuvent.

Élaborons un nouveau paradigme économique.

alain harrison 28 octobre 2017 à 4 h 41 min

Quand les Peuples contrôleront l’économie

uranium appauvri: un vrai scandale, une vraie horreur
15 juin 2013 Par kakadoundiaye

«« Et quand un juge d’instruction, comme Mme Bertella-Jeoffroy ,en France, a réuni suffisamment d’éléments, entendu tous les protagonistes, et devient dangereuse à l’issue d’une enquête minutieuse qui a duré près de vingt  ans, le ministère français de la Justice trouve un prétexte pour la « muter », en claire, lui offrir un placard capitonné et la remplacer par un juge « à la botte » et   qui ne connaît rien à un dossier lourd de plusieurs dizaines de milliers de pages. »»
https://blogs.mediapart.fr/kakadoundiaye/blog/150613/uranium-appauvri-un-vrai-scandale-une-vraie-horreur

Rien n’est fait, les ONG se taisent au lieu de poursuivre la dénonciation.
La gauche laisse aller des cas patents.
Il faut faire et refaire tant et aussi longtemps qu’il est nécessaire….
Les Mères du Chili, ne les abandonnons pas.
AU parlement UE, il faut y revenir. L’UE a une grande incidence dans le monde, mais les médiats n’en parlent pas beaucoup ? Au G7, au G20…….
Et l’ONU qui est supposée promouvoir la Démocratie et dénoncer les Crimes ???
Comme l’UE, l’ONU doit être rénover et lui donner un rôle prépondérant: un homme un vote.
Imaginer la liste des choses à faire….qui n’en fini pas et s’accumule…c’est pas demain que la pauvreté va disparaître.

Que pouvons-nous faire ?

Quand le peuple contrôlera l’économie.
L’urgence des urgences.

alain harrison 30 octobre 2017 à 1 h 01 min

Bonjour.

En faire la promotion sur partout !?

Formidable « Les Chiffres de la dette 2015 » du CADTM !
15/06/2015
Indispensable ! C’est bien plus qu’un recueil de données essentielles sur les dettes au Nord et au Sud et sur les effets et méfaits du « système dette ». C’est une analyse ultra accessible bien que pointue, fondée sur les meilleures données, c’est un petit livre d’une centaine de pages que l’on peut soit télécharger gratuitement soit acheter pour 6 € (plus 3 € de port) pour le garder sous la main.
https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2015/06/15/formidable-%C2%AB-les-chiffres-de-la-dette-2015-%C2%BB-du-cadtm

Helene Auclair 31 octobre 2017 à 12 h 41 min

Plus de justice sociale!

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