Jérôme Kerviel ne peut être le bouc émissaire

le 5 octobre 2010
Photo Reuters

 

Incroyable mais vrai ! La 11ème chambre correctionnelle de Paris vient de condamner Jérôme Kerviel à 5 années de prison dont trois fermes et 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts,  l’équivalent de 177 536 années de son actuel salaire de consultant en informatique. Le système qui l’a enfanté, lui, en sortira blanc comme neige ?

Ce qui vient de se passer est disproportionné, inacceptable, insupportable. Que J. Kerviel soit jugé pour des erreurs et des fautes qu’il reconnaît lui-même est normal. Mais ces erreurs, il ne peut les avoir commis seul. S’il était seul coupable, pourquoi la direction de la Société Générale aurait-elle démissionné à l’époque de la découverte des faits ? Pourquoi ne trouve-t-on aucune trace des critiques de la commission bancaire auprès de la Banque de France à l’époque, à l’égard de la Société générale pour défaut de contrôle ? Où sont passés les supérieurs hiérarchiques de J. Kerviel ? S’il était seul coupable, pourquoi aurait-t-on mis tant d’empressement dans les palais officiels de la République, à la Commission de Bruxelles et aux Etats-Unis à multiplier les déclarations sur la régulation des transactions financières et bancaires ?

Le métier de trader consiste par essence en des prises de risques gigantesques et quotidiennes, avec l’argent de nos salaires, de nos retraites, de notre protection sociale, pour faire grossir,  au seul profit  des banques et des financiers, un gâteau qui ne sera jamais partagé. Cela s’appelle spéculer. Et M. Kerviel, comme d’autres, a été embauché pour cela. Aujourd’hui, cela continue avec d’autres traders.

Pendant que des milliards et des milliards continuent à s’échanger pour faire grossir le magot des banques, celles-ci continuent scandaleusement à bloquer l’accès au crédit à ceux qui créent de l’emploi et de la richesse, aux ménages, aux petites entreprises, aux collectivités territoriales.

C’est un tribunal pour juger les créateurs et les organisateurs de ce « casino » à l’échelle planétaire qu’il faudrait ouvrir, ceux qui ont créé ces marchés financiers qui dévastent tout sur leur passage, ruinant les hommes et détruisant la planète. Tous ces systèmes purement spéculatifs,  tous ces marchands de crédits sciemment toxiques, quand les jugera t-on ?

Car jusque là toutes nos propositions visant de nouvelles régulations, une taxation des échanges financiers internationaux, et des transactions bancaires sont restées lettre morte.

Depuis quelques jours, jamais la phrase de Jean de la Fontaine, « Selon que vous  serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » n’avait été autant d’actualité.

Jérôme Kerviel ne peut être le bouc émissaire. Le lampiste de la crise financière qui ne cesse de s’aggraver. Le condamné pour préserver les cotations boursières de la Société Générale. Inadmissible !


0 commentaires


GEBUHRER 5 octobre 2010 à 16 h 34 min

UN MOT , UN SEUL : BRAVO !
Quel scandale !!!!!

fanjaux 5 octobre 2010 à 16 h 35 min

cessez cette hypocrisie insupportable accordez la libération à jérome kerviel,coupable d’avoir exécuter les ordres qui lui étaient donné accroitre par tous les moyens “légaux” les richesses de la société qui l’employaitnous reclamons l’acquitement pur et simple pour cet homme et pas en catimini que la vraie justice soàit rendue dans cette affaire.

titi 10 octobre 2010 à 20 h 02 min

Que la vraie justice soit faite. Ces gros managers qui empochent l’argent des clients sans rien développer en échange doivent répondre devant la loi pour leur incompétence, malhonnêteté et pour le fait de pousser les employés au bout. Je ne crois même pas une seconde qu’ils n’étaient pas au courant !

Tchechmedjiev Ivan 5 octobre 2010 à 16 h 41 min

PETITION ET COMITE SANS TARDE.

Amalia 5 octobre 2010 à 16 h 53 min

Jo je suis complètement convaincue, comme le montre l’article, que Jérôme Kerviel a été une tête de Turc.
Ceux qui devraient verser dans la prison sont les personnes dont il recevait des ordres.
Dans la majorité des Entreprises où j’ai effectué ma fonction de comptable, invariablement, j’ai toujours écouté l’ordre suivant: ” ou tu réduis les bénéfices, ou demain tu serais jetée a la rue”.
Ce Monsieur s’est limité à obéir à des ordres de ses supérieurs pour survivre et pour conserver son poste de travail.
Ce qu’il doit maintenant faire est de parler…. longueur et pose, dire tout ce qu’il sait. De perdues… à la rivière

OYER 5 octobre 2010 à 17 h 12 min

C’est de pire en pire. La haine est en premiere ligne.
Avec une justice comme celle là les patrons et financiers verreux du MEDEF ont de beaux jours devant eux.Il est grand temps qu’un programme de gouvernement véritablement de gauche, soit mis en place, pour balayer toute cette racaille.
Seule l’union des forces progressives nous ouvrira les portes de l’espoir.

LEPINE Henri 5 octobre 2010 à 17 h 33 min

La citation en fin d’article n’est pas de Victor Hugo mais de Jean de La Fontaine (les animaux malades de la peste)…

Annie 5 octobre 2010 à 17 h 35 min

voici le commentaire que j’ai fait sur Médiapart :

Ma pensée sera directe : c’est une lutte des classes (je sais c’est très démodée… mais ça dépend pour qui … pas pour Mme Bettencourt par exemple)

 Ils tiennent un bouc émissaire entre leurs mains ils tapent dessus, après s’être remis en plein adoubement avec le sieur Tapie.

 Kerviel a changé de classe, sans le vouloir sans doute, mais enfin il a passé la barrière, il se retrouve de l’autre côté, ne pas le punir serait laisser libre court à toutes sortes de lois qui restreindraient les agissements des banques qui deja nous ont piqué notre fric pour se remettre de leur folie, mais leur folie ils n’en apprennent rien, comment le pourrait-il puisqu’ils n’en subissent aucune des conséquences ?

J’en profite si vous n’en n’êtes déjà informés que le site des Economistes atterrés nous situe très bien le problème.

Ferré Michel 5 octobre 2010 à 19 h 57 min

entieremnt d’accord. que son “job” est permis un jeu dangeureux est certes condamnable, mais il est vrai que c’est tout le système bancaire speculatif qu’il faut mettre en cause.
mais naturellement il est plus facile d’essayer de s’attaquer au système des retraites, n’est-ce-pas mr Sakorzy. au fait les retraites sont attaquées sans promesses , mais ou sont les actes contre la régulation des systèmes financiers?

bruno 5 octobre 2010 à 20 h 28 min

Bonjour,

comment la ste générale peut condamner alors elle cautionne les faux :
je suis client et on m’envoie un courrier le 14/08/2010 (date de la poste) daté du 16/08/2010 cela s’appelle un faux et c’est puni par la loi.
j ai bien sur les éléments
cordialement

Anonyme 5 octobre 2010 à 22 h 09 min

Pourquoi affecter cette perte à un salarié ? Depuis quand verse-t-on la totalité des bénéfices à ce même salarié ? C’est du grand guignol digne de Carmentran !

GASTOU CLAUDETTE 6 octobre 2010 à 13 h 55 min

tout à fait d’accord. La S.GLE aurait mieux fait de laver son linge sale en famille, mais elle devait se donner bonne consience, d’où ce procès inacceptable et ce jugement ridicule. Est-ce que l’on juge les Banques quand elles font perdre des sommes folles à leurs clients ? Bien sûr que non ! Cela fait partie du “risque” que tout le monde est sensé connaître. Pourquoi ne pas avoir viré Jérôme Kerviel puisqu’il était si dangereux, mais peut-être son employeur a-t-il oublié tout l’argent qu’il lui a fait gagner auparavant ?

BOUDET Pierre 9 octobre 2010 à 19 h 26 min

Le problème fondamental que pose cette parodie de justice, est l’absence de démocratie en général et dans la gestion financière en particulier. Comment qualifier cette pantalonade judiciaire, qui comdamne un bouc émissaire pour éviter de sanctionner les gens qui sont les donneurs d’ordre et ont couvert ces dérives tant que la magouille fonctionnait. Au dela de ces péripéties ceci questionne la responsabilité de la gauche à gouverner dans l’intérêt général. Un gouvernement de GAUCHE digne de ce nom, devra remettre dans la sphère publique tout le système bancaire et financier, en donnant aux citoyens et aux travailleurs par le contrôle des syndicats et des assoc citoyennes, la maitrise de la gestion du système financier, afin que l’argent soit affecté à la création de richesses réelles, logement, transports, santé , éducation, culture, recherche et développement toutes choses utiles à la société, le contraire de ce qui se fait aujourdh’hui.
Réintégrer toutes les sociétés industrielles privatisées dans l’économie publique avec des critères de gestion démocratique par les citoyens, ce type de gestion n’a encore jamais été mis en place dans aucun pays développé, les profits énormes de sociétés telles que Total, GDF, France télécom , les autoroutes totes les boites du CAC 40, alimenteraient le budjet national, au lieu d’engraisser les actionnaires, il n’y aurait plus de déficit budjétaire et plus de problèmes pour l’équilibre des retraites et de la sécu.

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