Higelin, poète au grand coeur

le 6 avril 2018

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition de Jacques Higelin. Il disparait au moment du cinquantième anniversaire des mouvements de 1968 alors qu’il fut l’une des figures les plus marquantes de l’élan artistique né de la révolte de la société, de la jeunesse, des femmes. On se souvient de sa collaboration avec Brigitte Fontaine qui marqua l’avant-garde musicale au début des années 1970, tout comme de sa formidable capacité de réinvention pendant toute sa carrière, son talent hybride, sa passion si communicative et les liens intenses qu’il avait noué avec un public fidèle.
Jacques Higelin aura été l’un des fers de lance du renouvellement de la chanson populaire française dans le pas de Charles Trenet dont il avait perpétué l’allure du « fou chantant » ou de Boris Vian auquel il empruntait l’impertinence et l’humour. Sa chanson mettait en avant la poésie avec des textes qui empruntait à la tradition surréaliste alliés à une musique ouverte sur les nouvelles sonorités. Il était quelque part aussi beau poète que grand musicien, sans oublier ses talents d’acteurs prêtés à de nombreux rôles de cinéma.
Homme au grand cœur, engagé à gauche, mobilisé aux cotés de la fondation Abbé Pierre pour le droit au logement, dans les luttes ouvrières, antiracistes, internationalistes ou écologiques, il était en permanence concerné par le sort des plus humbles. Jacques Higelin aura enchanté le public fervent de la Fête de l’Humanité à cinq reprises, de 1975 à 1999. Il lègue un héritage musical riche et fécond aux nouvelles générations d’artistes. Il nous laisse une immense œuvre.
C’est une voix aussi populaire qu’exigeante que nous pleurons aujourd’hui en gardant en tête ses inépuisables mélodies qui appartiennent désormais au bel et grand patrimoine populaire.

3 commentaires


pierre et nicole garcia 7 avril 2018 à 13 h 05 min

je suis triste

Moreau 7 avril 2018 à 23 h 57 min

Chantons avec Charles Baudelaire pour Jacques Higelin :

La mort des artistes

Combien faut-il de fois secouer mes grelots
Et baiser ton front bas, morne caricature ?
Pour piquer dans le but, de mystique nature,
Combien, ô mon carquois, perdre de javelots ?

Nous userons notre âme en de subtils complots,
Et nous démolirons mainte lourde armature,
Avant de contempler la grande Créature !
Dont l’infernal désir nous remplit de sanglots !

Il en est qui jamais n’ont connu leur Idole,
Et ces sculpteurs damnés et marqués d’un affront,
Qui vont se martelant la poitrine et le front,

N’ont qu’un espoir, étrange et sombre Capitole !
C’est que la Mort, planant comme un soleil nouveau,
Fera s’épanouir les fleurs de leur cerveau !

Ce poème de Charles est mon choix à partir de mon ressenti pour commenter l’hommage rendu. Il atteste d’affinités entre un grand poète romantique, Charles Baudelaire, et un grand chansonnier cherchant à vivre et à oeuvrer au coeur des arts, il a réussi, dans l’écriture avec ses originalités, sa fantaisie, son coeur, comme le met en évidence ce commentaire. Il serait impossible de correspondre aussi que Jacques Higelin au poème de Charles Baudelaire sans de l’humanité, il en va pour lui comme pour Dalida, Ninon Ferrer, et d’autres.

Ça renseigne comment doit être la fête de l’Humanité dont le grand défaut est d’avoir été beaucoup trop éclectique et trop coupée d’une excellente partie de l’ anthologie et de la création nouvelle de la Poésie française et européenne et francophone même en chantant Ferrat et Ferré ; il y a de sérieux progrès encore à faire pour que cette fête de l’Humanité soit fête de l’humanité au sens littéral : il ne faut pas trier dans l’Art, comme il ne faut trier dans la vision, comme il ne faut pas trier dans l’universel ; faire des tris pareils en coupant le Peuple de l’essentiel ; ce n’est pas du bon travail. Charles Baudelaire a dit dans Ecrits sur l’Art, que les poètes sont compétent pour faire la critique de tous les textes, d’ailleurs le journal l’Humanité s’accompagne de commentaires.

J’espère monsieur Patrick le Hyaric que vous êtes d’accord avec ces lignes ou je ne sais plus ce que je dis en parlant du premier art et des arts mineurs, mais je pense ne pas me tromper.

Moreau 8 avril 2018 à 0 h 11 min

… de correspondre aussi : de correspondre aussi vrai.

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