Des chemins d’Humanité…

le 3 janvier 2018
"Guerres, misère, climat, pillages... Le nombre des réfugiés va augmenter. L’humanité nous appelle à prendre appui sur la conscience citoyenne, qui dépasse celle des gouvernements."

"Guerres, misère, climat, pillages... Le nombre des réfugiés va augmenter. L’humanité nous appelle à prendre appui sur la conscience citoyenne, qui dépasse celle des gouvernements."

Comme il est de tradition, en commençant cette année nouvelle, nous présentons à chacune et chacun d’entre vous ainsi qu’à vos proches nos vœux sincères de santé, de réussite dans vos vies personnelles et de bonheur. Nous souhaitons que vous y voyiez un acte de fraternité renouvelé, une main tendue qui n’ignore pas la continuité de la vie et n’a pas la naïveté de croire qu’une autre histoire commence avec une nouvelle année. Pourtant, ce serait une nécessité pour que reculent le chômage, les misères et les privations qui sont le lot de beaucoup trop d’entre nous.

Il n’y a pas de solutions à ces drames sans un combat patient, déterminé et unitaire pour obtenir une autre répartition des richesses qui s’accumulent entre les mains d’une infime minorité. Contribuer à ce qu’une conscience majoritaire de cette réalité éclate est une des ambitions de nos journaux et de notre plate- forme numérique. Contre cet ordre marchand réglé par de nouveaux pouvoirs aux visages différents, mais au service du même objectif de la rentabilité du capital, il est plus que jamais indispensable d’opposer les résistances et les ripostes pour la justice sociale, fiscale, environnementale. L’enjeu est de taille au moment où on reparle de « croissance ». Celle-ci se fait sans création d’emploi stable, sans progrès de la justice, sans recul de la pauvreté, contre l’environnement mais avec toujours plus pour ceux qui ont déjà tout. Les grandes entreprises et leurs actionnaires attendent des fruits des lois qui visent à précariser le travail, à affaiblir les droits des salariés, et à faire vivre un « écolo-capitalisme » aux effets pervers.

C’est l’humanité qu’il faut faire repartir de l’avant quand on apprend que les plus fortunés de la planète viennent d’amasser 1000 milliards de dollars supplémentaires. Exactement la somme que des spécialistes estiment nécessaire pour sauver le climat. Un chiffre ahurissant qui confirme à qui va la dite croissance et en dit long sur les logiques intrinsèquement destructrices du capitalisme financier. En vérité, ce que l’on présente comme un prétendu « nouveau monde » n’est que la suite du long cauchemar du « cercle de la raison capitaliste ». Si cette enflure financière se poursuit on peut craindre que le monde soit poussé vers de nouveaux abîmes. Et les différentes formes de contre-insurrection identitaire, prétendument contre la mondialisation capitaliste, ne sont que les faire valoir des puissants, soit en brouillant les enjeux comme sur la laïcité soit en aidant à restreindre partout les libertés et la démocratie au nom du combat contre le terrorisme. Dans ce cadre étroit, on attend des progressistes qu’ils recherchent de nouveaux chemins d’émancipation sociale, politique, écologique, démocratique et humaine. La force de l’humanité doit se faire entendre.

C’est l’humanité qu’il faut pousser encore plus en avant pour une promotion mondiale de la condition féminine, débouché de la véritable insurrection qu’a connue l’année écoulée pour la dignité dans les rapports homme/femme et pour l’égalité au travail et dans la vie. La puissance de ce mouvement de libération des femmes est d’une  portée révolutionnaire s’il peut ici et ailleurs aller jusqu’à son terme : celui de l’égalité vraie en pratique.

C’est l’humanité qu’il faut faire vivre contre les puissances de la mort et de l’anéantissement dont on entend trop les bruits de botte du Proche et Moyen Orient, en Ukraine, en Corée du Nord, de la Turquie à la Maison Blanche. De ces tensions multiformes et imbriquées entre elles pourraient jaillir l’incident fatal qui embrasserait le monde. Le combat pour la paix doit donc prendre une nouvelle vigueur dans l’année qui vient. L’action pour revaloriser et faire respecter l’organisation des Nations Unis aussi. Sans lieu de concertation, d’élaboration et de mise en œuvre de la justice internationale, la loi du plus fort continuera à prendre le dessus. On ne peut laisser le président nord–américain bafouer ainsi toutes les institutions internationales. Ses dernières décisions et chantages, notamment concernant Jérusalem, doivent être internationalement combattus. L’une des initiatives à prendre en ce sens serait pour la France comme pour l’Union européenne de reconnaître l’Etat de la Palestine au côté de celui d’Israël, conformément au droit international.

Une Construction européenne totalement repensée à partir d’un débat populaire et démocratique pourrait jouer un rôle utile et efficace, porteuse de civilisation face aux défis actuels.

Les terrains d’action pour une construction européenne d’un nouveau type ne manquent pas : de la paix ou de la sécurité à l’action pour le désarmement en passant par l’environnement et le climat ; du combat contre l’emprise des monopoles géants du numérique à base nord-américaine qui pillent la valeur ajoutée jusque dans la création culturelle à l’indispensable régulation de la finance ; de la solidarité concrète pour un co-développement de type nouveau avec l’Afrique, le Maghreb et le Proche et Moyen-Orient jusqu’à l’accueil des réfugiés et migrants.

Leur nombre va augmenter du fait des guerres, de la misère, du pillage des ressources et des modifications climatiques. L’humanité nous appelle à prendre appui sur la générosité et la conscience citoyenne qui dépassent de loin celles des gouvernements. Des cadres d’accueil nouveaux  doivent voir le jour et des initiatives politiques de grande ampleur doivent être prises pour que celles et ceux qui sont aujourd’hui dans le déchirement contraints de fuir leur pays puissent rester y vivre et construire des projets communs en coopération avec le continent européen. Aucun rideau de barbelé, aucune loi de répression et de tri ne pourra tarir ce flot de réfugiés et ces drames indescriptibles. L’humanité et l’hospitalité doivent vivre.

Pour tous ces combats, des forces agissantes existent déjà. Elles constituent une lumière ; un espoir. Elles n’ont pas encore la puissance nécessaire et sont trop éparpillées. Mais elles marquent déjà notre époque de leur empreinte, tant dans l’action pour les migrants comme pour l’économie sociale et solidaire, dans les mouvement de libération des femmes comme pour le climat ou l’environnement, dans la lutte contre les paradis fiscaux comme pour changer le rôle des banques, pour la transformation de l’industrie numérique comme pour la justice fiscale ou pour une alimentation de qualité et une ruralité vivante, pour un travail épanouissant et correctement rémunéré comme pour une sécurité de celui-ci conjugué avec les formations tout au long de la vie, pour le refus de l’appropriation privée des transports comme de la santé, de l’eau, des communications comme le refus des traités ultra-libéraux de libre-échange.

Que ces mouvements multiformes renforcent leurs cohérences entre eux, qu’ils se coagulent, se fédèrent et alors s’ouvriraient des espoirs de progrès humain sur toute la planète. Le progressisme à la française n’a pas disparu mais à l’évidence, il réclame des pratiques et un élan nouveaux. Si sa boussole demeure la quête démocratique d’égalité, de justice sociale et environnementale, elle ne peut que s’inscrire que dans un projet profondément renouvelé, qui prenne en compte le besoin d’une nouvelle manière de produire et peut être de vivre dans une société plus libre, plus juste, plus soucieuse de la planète. Bref, un projet profondément internationaliste de nature à ouvrir de nouveaux chemins d’humanité.  Votre magazine l’Humanité Dimanche entend s’y atteler tout au long de cette année 2018.

Tous nos vœux de bonne année.

9 commentaires


Moreau 3 janvier 2018 à 19 h 55 min

Bonne année encore, et pour que l’humanité vive il faut plus de république démocratique universaliste, ce qui facilite infiniment les interventions des Chefs d’Etat en politique internationale, monsieur Macron n’a plus qu’à souhaiter aux uns et aux autres plus de république universaliste, s’il est exaucé la plupart des problèmes seront éliminés, les dépenses militaires mondiales s’élèvent chaque année à un total entre 1,5 et 2 mille milliards de dollars, soit assez d’argent pour l’éradication de la pauvreté ainsi que pour la régulation bienveillante des migrations qui dépend essentiellement de cet argent.

Villeneuve Nadia 4 janvier 2018 à 14 h 36 min

Bravo. On a soif de tout cela. Je ne me reconnais pas dans ce monde.

Lejeune Sylviane 4 janvier 2018 à 16 h 08 min

Pour cela on attend de l’Humanité qu’elle contribue à soutenir un vrai projet Politique pour une alternative sérieuse au-delà des déclarations incantatoires, des constats de bonne conscience à l’infini et des soutiens hasardeux à des voies politiques populistes .
Meilleurs Vœux

Moreau 5 janvier 2018 à 11 h 34 min

Les dames sont les premières à réagir bien positivement, ça va dans le bon sens mais il faut que le parti communiste change réellement. A une majorité républicaine de centre droite doit correspondre une opposition républicaine (ce qui signifie que majorité, opposition ne doivent pas diviser le Peuple pour de bien obscurs motifs) ; c’est ça la république, tout autre blabla est contraire à la vérité, tous les pays du monde dont la France manque de république universaliste, donc de politique humaine et de qualité. Il faudrait le communisme républicain universaliste, il est pro-européen, telle est la vérité.

TAGAWA 8 janvier 2018 à 18 h 50 min

Ça fait chaud au cœur de lire de tels textes l’espoir est permis
Merci

DORINI 10 janvier 2018 à 13 h 44 min

Bonjour Patrick,

Je ne peux que adhérer à ce texte humaniste. Dans un monde qui tangue et se replie sur lui même par peur et, (ou) par fatalisme, le sens des mots: Solidarité et Fraternité, prennent aujourd’hui une importance intrinsèquement liés au mot: Humanité!.
L’humain, dont j’ai mal chaque jour, mais dont je ne désespère pas, ne pourra vivre, voir, survivre, et retrouver sa juste place dans un tout, que grâce à un élan d’humanisme confraternel et bien veillant, envers tout ce qui pourra faire reculer l’Indifférence, en donnant toute sa place à LA Différence.
Des voix se sont toujours levées pour dénoncer l’obscurantisme. Aujourd’hui elles sont timides dans le brouhaha du rejet de l’autre. Un jour elles se lèveront à nouveau nombreuses. En attendant, il nous appartient, je crois, de garder le cap et la boussole de: « bonne espérance », qui permettront de faire renaître un espoir de progrès humain sur cette belle planète.
Au plaisir de vous lire.
Cordialement.
Nadia DORINI

Pinceau BERNARD et Francoise 10 janvier 2018 à 19 h 57 min

Merci pour ces voeux et plus modestement à toute l’équipe de l’Huma une très bonne année de la part de deux retraités.
Continuez de vous battre vous les jeunes comme nous l’avons toujours fait, par contre arrêtez tout ce tapage anti.hommes qui commence à nous énerver sérieusement.
UN HOMME ET UNE FEMME

Michel DOLOT 12 janvier 2018 à 12 h 16 min

Merci pour ces bon voeux plein d’espoir.
La culture de paix définie par l’UNESCO et pour laquelle l’ONU à pris une résolution ne pourrait elle pas servir de cathaliseur pour toutes celles et ceux auxquels vous faites référence. Une culture de paix qui par ses principes et la remise cause qu’elle propose de toutes les domination est un formidable outil de solidarité.

jean marc 12 janvier 2018 à 22 h 37 min

ça c’est parce que tous les gouvernements du monde en profite avec leurs guerres et tant que les guerres ne sarreteront pas les enfants comme les adultent mourront de faim il y a trop de profit parmi les riches j’ai vu comment ça se passait au sénégal croyez moi quand vous rester au pays pendant des mois on est choqués a voir des choses horribles

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