De la Catalogne, l’Europe en question

le 11 octobre 2017

Aucun différend politique ne se peut se régler par la force. En agissant comme il l’a fait contre des citoyens armés d’un simple bulletin de vote, le gouvernement espagnol a montré son incapacité à résoudre la crise majeure qui ébranle le pays et dont il porte une grande part de la responsabilité. Pour autant, les conditions même du scrutin et la déclaration d’indépendance unilatérale en dehors de tout cadre institutionnel, ne permettent pas de dire si la volonté du peuple catalan est ou non de faire sécession de l’Espagne.

Si la grande majorité s’accorde sur le bien-fondé d’une consultation démocratique et légale des Catalans, sur le rejet des violences de l’État, et se rejoint sur les besoins d’une plus large autonomie, les sensibilités qui s’expriment dans la société sont noyées par la stratégie jusqu’au-boutiste de la droite et d’un nationalisme qui n’est au fond que le miroir de celui qui est agité par les forces réactionnaires espagnoles.

Cette poussée indépendantiste est un révélateur de multiples crises qui travaillent les sociétés européennes. Elle s’est exacerbée dans le contexte économique et social d’une Espagne frappée de plein fouet par la crise de 2008, avec ses millions de jeunes chômeurs, ses milliers d’exilés économiques, sa corruption purulente, l’accroissement des inégalités sociales et régionales, le mouvement des places qui a abouti à la naissance du mouvement Podemos.

La débâcle économique et sociale des dernières années est bien un accélérateur de problèmes préexistants. La poussée d’un indépendantisme exacerbé comme le regain nationaliste dans la péninsule ibérique contribuent à détourner les regards des véritables causes des crises. Ainsi au lieu d’un combat pour une autre répartition de richesses issues du travail et de la pression sur les salaires dans le cadre d’une Union européenne de la concurrence, le débat est détourné sur la responsabilité d’un gouvernement central à propos des péréquations régionales dans un cadre d’austérité.

La crise du capitalisme financier mondialisé a profondément ébranlé les États-Nations, leurs systèmes sociaux et leurs fonctionnements démocratiques. Contraints de se plier aux injonctions néolibérales des instances supranationales, poussés à l’endettement perpétuel pour éponger la gabegie financière de la spéculation et permettre à la rente d’exister, sacrifiant les droits sociaux et démocratiques, ils font face à la méfiance croissante des peuples qu’ils sont censés protéger et représenter.

Dès lors se réarment nationalismes, séparatismes et populismes. N’a-t-on pas prévu en Italie dans des deux plus riches régions du pays, la Lombardie et la Vénétie, un référendum consultatif sur l’indépendance le 22 octobre prochain, comme pour signifier la volonté de se délester des habitants du sud de la botte, jugés inférieurs et handicapants ? Qui peut aujourd’hui dire où s’arrêtera cette course à la division en Europe, semeuse de tensions potentiellement dévastatrices ?

L’actuelle conception a-démocratique de l’Union européenne portée par le traité de Maastricht et confortée par celui de Lisbonne favorise ces situations. Ceux qui dirigent le mouvement pour la sécession poussent à une intégration totale des régions aux politiques européennes. Amputés des puissantes prérogatives des Etats-Nations, ces régions feraient rapidement montre de leur faiblesse face aux puissances industrielles et financières transnationales mais aussi face à un Etat-Nation dominant comme c’est déjà le cas en Europe centrale et orientale. Assises sur des conceptions ethniques et inégalitaires, elles s’accommoderaient parfaitement des thèses néolibérales, voire de l’extrême-droite comme on peut l’observer dans les pays de l’ex-Yougoslavie. Avec un tel schéma, on est loin d’une souveraineté économique et politique de la Catalogne. Sa population souffrirait au contraire toujours plus, aux côtés de tous les espagnols et des européens, des contradictions du capitalisme.

C’est donc l’idée même d’une Europe solidaire, de coopération et de développement égalitaire qui est en question. Elle ne peut se réaliser contre les aspirations démocratiques des peuples qui la composent, en tenant compte des histoires singulières de chacun des pays, qui ne sont jamais symétriques.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reste un principe intangible bien qu’il ait été défini dans un contexte particulier de décolonisation. Dans la situation catalane, il serait l’objet de multiples controverses juridiques. En tous cas, il n’épuise pas le combat pour l’égalité démocratique, la justice sociale et environnementale. C’est à cette aune que nous restons persuadés qu’aujourd’hui, seule une union des nations et des peuples souverains et associés peut permettre d’ouvrir une brèche émancipatrice pour notre continent et l’ensemble de ses peuples et de sortir par le haut des tensions qui montent à l’intérieur même des États.

En Espagne, les forces de la gauche de transformation comme Izquierda Unida proposent d’ouvrir la voie à un processus constituant vers la République. Dans l’immédiat, tout doit être fait, en Espagne, dans les capitales européennes et à Bruxelles pour favoriser rapidement le retour à un climat propice à la reprise de discussions politiques qui prennent en compte les aspirations partagées par l’immense majorité des Catalans.

9 commentaires


Moreau 11 octobre 2017 à 18 h 46 min

Il faudrait moins en dire sur l’Espagne et briser le silence sur le dévoiement et la corruption qui dévoie et rendre compte compte en France où en est réellement la lutte contre la mafia française, espagnole, italienne, allemande… Semer le désordre en Espagne et nuire ainsi à l’Union Européenne, c’est bien mal servir toutes les Citoyennes et tous les Citoyens. Ce n’est pas quand il se passe quelque mauvais événement dans un pays qu’il faut signaler la corruption, le silence fait sur la mafia, la corruption, est fait systématiquement aux détriments des Françaises et des Français et des autres populations européennes.
La France va très mal et il faut en parler davantage, ce n’est pas se désintéresser de l’Espagne d’autant que trouver des solutions contre la mafia, contre les dévoiements, contre les corruptions, en France, ne peut que favoriser les meilleures suggestion pour l’Espagne contre ces fléaux. Bien évidemment, la sécession n’est pas la solution aux fléaux. Français et européens, pour nous ! Respectons l’unité de chaque autre pays de l’Union Européenne, suggérons bien ou taisons-nous. Et vive l’Union Européenne.

Moreau 11 octobre 2017 à 19 h 13 min

Les toutes nouvelles institutions européennes en construction : académie européenne de renseignement, parquet de la lutte contre le terrorisme, pourquoi ne sont-elles pas pensées simultanément pour la lutte contre les dérives de nature mafieuse, la corruption, la spéculation injustifiable, la mafia ? Tout ça concerne les grandes institutions mondiales, aussi, alors faites votre travail les partis politiques dans chaque pays, c’est d’être servies par tous les partis politiques que tous les Hommes (femmes et hommes) ont réellement besoin. Depuis que le temps que les partis de gauche ne savent plus parler et agir pour que ce qui ne devrait pas exister cesse d’exister ! Vive la République française et européenne !

Moreau 11 octobre 2017 à 20 h 09 min

Non seulement les braves immigrés ont enrichi, mais les braves immigrés, les braves immigrants, alors qu’augmente les nombres de mafieux, de dévoyés et de dévoiements, de corrupteurs et de corrompus et de corruption en tout genre ; sont précieux et irremplaçable pour une évolution souhaitable sociale et morale, et c’est honteux que les journaux n’en parlent pas.
Ce n’est pas bien difficile, ce ne sont plus les médias qui informent le mieux possible les Citoyens, ce sont les Citoyens qui informent le mieux possible.
Ce n’est pas que les partis n’en ont pas assez fait contre l’immigration, ils en ont trop fait jusqu’à blesser des personnes de France et d’ailleurs ; et en raison d’absence totale de résultats, ils n’ont rien fait contre les mafieux, les dévoyés, les corrupteurs…
Le mécontentements ne fait qu’amplifier en France parce que les partis ne s’occupent pas de la population, les gens s’adaptent à la majorité de monsieur Macron parce qu’elle n’est ni partisane ni transpartisane, les partis ont tous cruellement déçu, les gens souffrent de ces cruautés.
Alors les problèmes de la Catalogne sont trop évoqués quand les autres sont tus, c’est surmédiatisé.
Il faut s’occuper des personnes qui souffrent tellement en France et en Europe, et pas seulement des Catalans, et en trouvant des solutions françaises on pourra faire quelques bonnes suggestions aux autres, pas avant !
Comme dit le proverbe : il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs, elle n’avancera, pas la terre ne sera pas labourée, hersée, ensemencée ou plantée, il n’y aura aucune récolte.
Depuis vingt ans, tout quasiment est égal à zéro ou à moins que zéro pour beaucoup de gens ; il serait grand temps que les partis travaillent pour la population du pays et indirectement mais aussi efficacement de toute l’Union Européenne. Il faut arrêter de trier un échantillon de la population ici ou là. La république, c’est tout le monde. Nous avons tous deux oreilles, deux yeux, une bouche et un nez. Et un coeur.

Moreau 11 octobre 2017 à 22 h 49 min

Pour que les peuples puissent disposer d’eux-mêmes il faudrait qu’ils puissent disposer de leurs partis politiques voire pouvoir être servis par eux, ce serait le début du monde à l’endroit. Que la France balaie devant sa porte et s’occupe de ses affaires avec tous les trafics de drogues, tous les jeux d’argent illégaux, toutes les mafias, toutes les corruptions, et autres fléaux qui peuvent la faire s’effondrer. On voit bien où tout ça peut en venir. Irresponsable. Alors que la France s’occupe de sa mauvaise situation à elle avant de s’occuper de celle de l’Espagne, c’est le devoir civique français et européen même. Parlons des fléaux de la France avant de parler de ceux de l’Espagne, ce sera plus sérieux, beaucoup plus sérieux.
Les journaux devraient parler de ces fléaux en France (et ailleurs) très peu médiatisés et parler aussi de l’immigration mais pour dire à la barbe de monsieur Valls et à la grimace de monsieur Mélenchon, que les Immigrés, les Immigrants, qui aiment la France, savent qu’ils apportent beaucoup à notre pays qui va très mal, je dis bien qu’ils le savent, ça peut réserver de très grandes surprises positives au regard de la vraie justice, leur lucidité est une force. Et oui, le niveau de culture générale de la population immigrée vivant en France augmente et ça promet peut-être bien du changement. Ces gens venant et allant et revenant, savent que sans eux l’évolution sociale et morale de la France tomberait très bas, alors qu’elle est déjà très basse ; c’est la certitude.
Il faut s’occuper de la France, c’est ce que veut la très grande majorité de la population française, et notamment les Abstentionnistes et les Immigrés qui savent que sans eux le relèvement de l’évolution sociale et morale serait impossible et que tout pourrait sombrer dans l’abîme creusé pendant des années, des années, et des années ; par les partis français !
Il serait édifiant de savoir le pourcentage de la population française que représente les braves Abstentionnistes et les braves Immigrés en France qui ont la passion du social et du moral de haut niveau. Nombreux sont les Immigrés qui souhaitent le social et le moral du plus haut niveau, c’est nouveau, et ça vient relever les fléaux. Chassez le relèvement du social et du moral et il restera les fléaux.
Comme dit Martine Aubry, c’est les pieds dans la glaise qu’on voit les Cultivateurs ! (Chut, elle ne connaît pas tout le dicton, alors elle dit : « Je fais de la politique les pieds dans la glaise ! »
Partis politiques parlez donc de la France en priorité, ça ne sera pas superflu du tout, des Français demandent à être servis dans leur meilleur intérêt ainsi que dans le meilleur intérêt des Immigrés qui souhaitent pour notre pays la France, le meilleur niveau social et moral. Occupez-vous de la France pour pouvoir aussi vous occuper d’autres pays de l’Union Européenne dont l’Espagne mais pour le moment vous ne pouvez pas aider l’Espagne, faites vos preuves déjà en France. Donnez les papiers qui leur sont nécessaires aux braves gens qui relèvent le niveau social et moral et qui galèrent pour les papiers, ne délaissez personne, ne commettez pas la folie de chasser des braves gens. Quand vous aurez fait vos preuves en faisant le bien en France vous pourrez prétendre les faire ailleurs, pas avant. Allons, allons !

Jérôme Skalski 12 octobre 2017 à 19 h 14 min

Le « droit des peuples à disposer d’eux même » n’est pas une notion univoque. C’est en son nom que l’Allemagne Nazie a réclamé l’intégration de l’Autriche au III Reich, de même pour le Sudètes, de même pour Gdansk : il s’agissait, au nom du principe de la SDN de « sauver » les « allemands » opprimés ou historiquement séparés, « allemand étant ici entendu – comme il est possible de le faire, comme une « race » et une « communauté de sang ». .Quand une « nationalité » est définie par des critères ethno-culturels et non par le contrat social, sa visée est chauvine – réactive ou pro-active, mais elle est chauvine. Tel est le cas de la sécession catalane sur fond d’égoïsme fiscal et d’un jeu de chat et de la souris verte des uns et des autres pour se réhabiliter politiquement alors qu’ils sont visés par des affaires judiciaires lourdes.Le reste c’est de la manipulation de masse. User du mot « peuple » ou « nationalité » dans le sens espagnol c’est entrer en conflit avec la définition française ou des lumières qui fait reposer la notion de peuple sur le consentement contractuel et non sur une soi-disant essentialité nationale. Cela va à l’encontre de toute la tradition de la République.

THURIN 14 octobre 2017 à 8 h 31 min

Bravo et merci pour cet éditorial. Je partage totalement l’analyse qui le sous tend.

Galion yves 16 octobre 2017 à 8 h 21 min

Le référendum était interdit car il ouvrait la brèche à d’autres separatismes. Les basques puis d’autres provinces plus riches auraient elles aussi revendiqué une indépendance. Donc ce référendum était anticonstitutionnel. Qu’on fait les catalans? Passer outre . Que pouvait faire l’état :soit laisser faire soit comme il l à fait saisir les urnes mais les catalans ce sont opposés . Donc c’est résistance à la loi et à la force publique . Et comme force doit rester à la loi … les catalans sont entièrement responsables de la violence constatée. D’autre part ils annoncent leur indépendance sachant que la consultation était et illégale et tronquée. Ils abusent de leur position ne tenant pas compte que la majorité des catalans ne veulent pas de séparation. Ĺa suite logique …l’état doit faire respecter les institutions donc arrêter ceux et celles qui antidémocratiquement s’opposent à la loi. Seul un référendum nationnal organisé par l’état aurait une légitimité. Que penserait on si le Alsace ou midi Pyrénées sous prétexte de ne pas vouloir partager leurs richesses demandaient à être des états indépendantsur?

Moreau 16 octobre 2017 à 12 h 14 min

La république aux valeurs universelles est indivisible et ce n’est jamais assez respecté, mais en Espagne, ce n’était plus du tout respecté ; les indépendantistes ont tort à cent pour cent, ce n’est pas avec l’indépendantisme qu’on résout des problèmes qui concernent la république voir tout le Peuple espagnol.

Moreau 16 octobre 2017 à 18 h 48 min

Moi, je vote et je voterai blanc chaque fois qu’il s’agit de choisir une politique aussi longtemps que mes idées ne seront pas proposées puisque j’ai des idées libérales, des idées socialistes, des idées communiste ; je suis un homme du vingt et unième siècle.
Et bien les Catalans feraient mieux de pratiquer le vote blanc puisque à les entendre, ils dénonce une crise politique en Espagne. Il ne faut jamais réduire la république.
La crise politique est devenue telle en 2016-2017 en France et c’est aussi la conséquence du régime de plus en plus exécrable depuis 1995 ; personne ne défend la liberté des travailleurs salariés et je pense que le conditionnement du desserrage qu’envisage monsieur Macron voire la possibilité pour les salariés de démissionner pour déménager en ayant droit aux indemnisations des assedic risque d’être dissuasif par peur de se retrouver SDF. La gauche ne s’intéresse pas à ce problème de perte de liberté, les Syndicats non plus, et par ailleurs, tous les travailleurs salariés ne sont pas syndiqués, les Syndicats n’ont jamais bien aidé les personnes cherchant à être mobile, la mobilité professionnelle libre ne doit pas être unique voire réservée aux Employeurs. Il devrait y avoir le débat national notamment suite aux nouvelles ordonnances, sur le bouclier social des salariés et des retraités qui ont été salariés car les patrons ont généralement des retraites très supérieures. Le libéralisme, c’est la liberté des petites et moyennes entreprises, très bien ; mais la liberté de déménager, de changer de département ; sans être confronté au risque de n’avoir plus aucune ressource pour vivre ? A mon avis, les salariés ayant moins de droits désormais, il faut, je pense qu’il y aurait une forte majorité pour soutenir cette idée ; concevoir la liberté de démissionner, non pas avec les lois Macron (Je suis d’accord avec ces lois uniquement pour la liberté des responsables des petits et des moyens entrepreneurs et conscient qu’elles engendre un déséquilibre politique que tout travailleur de la culture réel doit dénoncer parce que c’est inhumain mais par la faute de l’opposition, pas par la faute de cette majorité présidentielle qui est réellement libérale, elle fait du libéralisme, rien de plus normal, ce qui pose problème c’est l’inutilité des partis politiques.) mais avec un concept amélioré de revenu universel : tout pourrait être converti en revenu universel, et la démission s’appellerait congé parce que démission est un mot préjudiciable dans la mesure ou la personne a la passion de son talent ; donc je condamne le mot « démission » utilisé par monsieur Macron qui ne mesure pas la portée de tous ses mots ; il blesse des femmes et des hommes avec son dictionnaire politique.
C’est cette majorité libérale qui a pris l’initiative de refonder la société, cette initiative est légitime en raison qu’il n’y en avait aucune autre socialiste ou communiste, digne de ce nom ; en France. Cette refondation peut être excellente mais pour qu’elle soit excellente il faudrait une alternance de gauche républicaine authentique universaliste proposant les idées que je donne. Les communistes proposaient de refonder la société mais sans programme, les libéraux ont proposé un programme qui été élu, il s’avère que c’est une refondation de la société française et européenne plutôt cohérente jusqu’à présent, mais dangereuse pour la liberté des salariés et par conséquence de nombreuses autres personnes. Le président Macron est un libéral du vingt et unième siècle. Donc désormais, seuls des Hommes, Hommes du vingt et unième siècle pourront changer la société française et européenne, ça semble positif à condition que la gauche puisse un jour avoir des pionniers au sens littéral, parce que la droite est gâtée avec la majorité de monsieur Macron. C’est elle qui commence à créer le vingt et unième siècle, tout le monde pensait que c’était la gauche qui allait commencer.

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