Le monde des affaires au pouvoir !

le 18 juillet 2017

Nous nous honorons ici d’avoir été parmi les premiers durant la campagne de l’élection présidentielle à avoir répété que M. Macron avait bien un programme : celui des milieux d’affaires. Ceci se confirme jour après jour. Insatisfait des orientations pourtant très libérales annoncées dans le discours de politique générale du Premier ministre de droite, le monde de la finance et de la rente n’a cessé de s’agiter les jours qui ont suivi pour réclamer du président de la République plus de clarté, plus d’audace, plus de faveurs. Bref, il ne faisait que réclamer avec gourmandise de confortables retours sur l’investissement qu’il avait placé depuis plus de deux ans sur l’un des siens, venu de la banque Rothschild, qui avait pu se faire la main sur le mélange des genres comme secrétaire général-adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie.

Pendant que les grands médias faisaient croire à l’état de grâce, des journaux comme « L’Opinion », « Challenges », des penseurs du libéralisme comme ce M. Koening dans Libération, tous ceux qui se sont retrouvés aux « rencontres économiques d’Aix » ou encore « l’association française des entreprises privées » et évidemment M. Gattaz sont, avec la rapidité de l’éclair, montés au créneau pour dénoncer l’insuffisant respect des promesses qui leur avaient été faites. Le discours du Premier ministre ne manquait pourtant pas de sales coups contre les salariés et les conquis sociaux, mais tout ce beau monde ne supportait pas que ce dernier ait annoncé de reculer de presque un an la transformation définitive du CICE en crédit d’impôt, de reporter la baisse pérenne des cotisations patronales, la diminution de la fiscalité du capital et le recentrage de l’impôt sur les grandes fortunes sur l’immobilier. Sans coup férir, le président a tranché en leur faveur. Et il a décidé d’un même élan de démolir le droit du travail par ordonnances, de réduire les dépenses publiques, de baisser les impôts des plus riches et d’augmenter la CSG. Autant de vieilles recettes de l’ultra-libéralisme servies dans de nouvelles gamelles géantes pour le festin à venir des privilégiés.

La modification de l’impôt sur les grandes fortunes vise à en extraire les actifs financiers qui sont la source essentielle de la rente des plus fortunés. Cela représente pour eux un nouveau cadeau de trois milliards d’euros, tandis que les retraités subiront durement le surplus de CSG. Les autres verront grandir la précarité, première conséquence de la nouvelle loi dite « travail ». Le contrat à durée déterminée sera attaqué au burin par « celui de chantier » tandis que les salariés injustement licenciés percevront des indemnités réduites. A tout cela, s’ajoutera la pression sur les salaires et la durée du travail que les employeurs ne manqueront pas d’exercer grâce à un code du travail déclinable entreprise par entreprise. L’impôt sur les sociétés va baisser à 28%. En même temps, la nouvelle diminution des crédits publics se fera contre la solidarité, particulièrement en matière de logement et de santé. De premières projections estiment que seulement 280 000 personnes vont bénéficier des nouveaux cadeaux fiscaux macroniens pour une valeur de 4,2 milliards d’euros. Macron est bien le nouveau président des riches ! C’est aussi le président qui obéit à Mme Merkel qui n’a de cesse de réclamer cette purge contre une hypothétique réforme de la zone Euro dont le contenu reste des plus flous.

La combinaison des décisions en cours forme un cocktail d’une brutalité inconnue jusque-là. On avait comparé M. Fillon à Mme Thatcher. M. Macron va les dépasser l’un et l’autre ! Pour financer les énormes cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux grandes entreprises, le pouvoir va déconstruire encore plus nos biens communs, nos services publics. La fin de l’impôt sur les grandes fortunes, comme les facilités fiscales aux grandes entreprises ne vont pas concourir à la relance des investissements utiles, mais viendront alimenter le feu roulant et dévorant des marchés financiers et de cette bulle spéculative menaçante qui ne cesse d’enfler. La nouvelle diminution de 13 milliards de dotations aux collectivités locales combinée à la fin de la taxe d’habitation seront utilisées pour obliger ces dernières à réduire leurs actions et leurs investissements au service du plus grand nombre. Les services publics de proximité et la démocratie locale en seront étouffés. Les conséquences pour l’emploi seront désastreuses.

Ce qui s’annonce peut donc être encore pire que ce qui s’est passé durant les deux derniers quinquennats. Le monde du travail, de la culture, de la santé, de l’éducation, de la justice, de la recherche ne peut rester plus longtemps dans l’expectative ou l’attente. Il doit dans sa diversité se faire entendre, se manifester contre ce pouvoir qui recherche un consensus, une « union nationale » d’un nouveau type au seul service des puissances financières en guerre entre elles pour rechercher le taux de  profit maximal. Il n’y a aucune illusion à se faire. De ce point de vue, la préparation de la journée nationale d’action du 12 septembre est importante, comme l’est le dialogue avec le maximum de salariés, de jeunes, de retraités, de créateurs pour une fête de l’Humanité contribuant à l’indispensable riposte contre le nouvel ordre des féodalités. Sa réussite se prépare dès maintenant. Ce sera celle de l’humain contre la voracité de l’argent-roi.

3 commentaires


alain harrison 20 juillet 2017 à 22 h 37 min

Bonjour.

«« Le monde du travail, de la culture, de la santé, de l’éducation, de la justice, de la recherche ne peut rester plus longtemps dans l’expectative ou l’attente. Il doit dans sa diversité se faire entendre, se manifester contre ce pouvoir qui recherche un consensus, une « union nationale » d’un nouveau type au seul service des puissances »»

La diversité doit se rendre compte de ce qui les unis, de ce qui leur est commun.
Ils doivent se rendre compte qu’ils ont fait le jeu du clientélisme (la division dans la division).

Enfin les femmes vont obtenir la parité avec les hommes tant attendu: tous précaires.

Tant que la diversité n’aura pas la vue d’ensemble, son union sera superficielle, et à la moindre divergence d’opinion clientéliste, ce sera le conflit.

Le poisson de la classe moyenne nage dans les eaux du clientélisme, ces courants divergents, et c’est dans cette eau qu’il est apprêté pour le festin sur la grande table de l’UE-BCE-FMI-OMC et ci.
Qu’est-ce qu’un système?
C’est un ensemble complexe redondant de rouages.

Avis aux croyants de la réforme de l’UE en son sein.

Meens Philippe 23 juillet 2017 à 16 h 57 min

macron est la suite logique des précédents gouvernements, asservis à la doxa de la commission européenne. JL Mélenchon ne s’est toujours pas positionné contre l’union européenne, ses plans A et B sont de l’enfumage, le remarquable programme de la France Insoumise ne peut se réaliser qu’en quittant l’union européenne, et il le sait ! Quant au PCF, tout comme la direction confédérale de la CGT, leur européïsme aveugle explique leur désaffection populaire. On ne peut lutter contre le capitalisme en utilisant l’affrontement gauche – droite qui ne veut plus rien dire. On ne peut lutter contre le capitalisme qu’en ayant des positions claires, c’est à dire en luttant contre la mondialisation dont les 3 piliers sont : Premier pilier : le libre-échange. Il ne met pas simplement des produits en concurrence, mais des systèmes sociaux, rendant à terme intenables ceux qui ont concédé des acquis sociaux substantiels dans les décennies d’après-guerre.
Deuxième pilier : la libéralisation financière. C’est le libre-échange appliqué à l’argent, permettant aux flux financiers et monétaires de spéculer massivement et immédiatement à l’échelle du globe, sans restriction. La production mondiale est alors réorganisée en privilégiant les sociétés sans protection sociale et à bas salaires (délocalisation particulièrement). Les États sont menacés de voir leur dette publique et leur économie productive déstabilisées s’ils n’exécutent pas docilement les principes cardinaux du néolibéralisme.
Troisième pilier : les traités internationaux et les institutions multilatérales. Ils sont les gardiens de l’ordre néolibéral mondial, tenant ce dernier hors de portée de toute pression démocratique. L’agencement de ces trois piliers vise à permettre l’activité la plus libre possible pour les firmes multinationales. Celles-ci, possédées par les classes dominantes, sont le vecteur fondamental de la captation du profit. Pour assurer la pérennité du système, une guerre idéologique permanente est menée grâce au contrôle, par les classes dominantes, des grands médias planétaires.
Aucun parti politique ne fait cette analyse et n’en tire les conséquences qui s’imposent, à part le Pardem et le mouvement de Asselineau
La démondialisation consiste à retrouver la souveraineté nationale, c’est-à-dire la possibilité de la démocratie. Elle permettra de mettre un terme au libre-échange, à la financiarisation des économies, aux traités internationaux néolibéraux et aux institutions supranationales mises en place pour les appliquer. La prise de contrôle des filiales nationales des firmes multinationales et des firmes multinationales elles-mêmes dans leurs États d’origine, ainsi que des grands médias, portera un coup fatal aux classes dominantes dans les pays qui sauront organiser cette mobilisation. Nous devons retrouver les valeurs du CNR et réhabiliter son programme « Les Jours Heureux ». Nous devons nous réunir autour de cette ambition trans-partisane de souveraineté populaire, ainsi qu’autour de la charte de La Havane réactualisée, de façon à mettre en place un véritable internationalisme.

Renaud 31 juillet 2017 à 9 h 55 min

« Nous nous honorons » voilà qui dit bien ce qu’.un esprit peut être tordu par sa suffisance.
Qui ose écrire comme cela?
Kim ou Leonid?
A voir aussi la difficulté à laisser son adresse mail ou la rapidité d’affichage.
Mélenchon avec sa comm. UN PEU PLUS ALERTE ET SON PARLE fleuri a encore de belles chances de nous enterrer… vivants.

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