A qui perd…perd !

le 10 janvier 2018
Le Président de La République s’est permis de lancer lors de ses vœux aux Français : « Demandez-vous chaque matin ce que pouvez-vous faire pour votre pays » Quel cynisme !"

Le Président de La République s’est permis de lancer lors de ses vœux aux Français : « Demandez-vous chaque matin ce que pouvez-vous faire pour votre pays » Quel cynisme !"

Une vaste opération de mystification est en cours, laissant croire que 21 millions de nos concitoyens bénéficieront d’une hausse de leur pouvoir d’achat parce que les salaires vont augmenter. Ceci peut avoir l’apparence, et peut être le gout de la vérité. Ceci peut plaire à celles et ceux de nos concitoyens qui ont tant de mal à joindre les deux bouts. Mais c’est un terrible leurre qui se paiera très cher. On parle ici du salaire dit net. Autrement dit c’est avec votre argent que le pouvoir macroniste fait une augmentation immédiate de salaire. Mieux ces mêmes employeurs vont eux aussi bénéficier de nouvelles réductions de cotisations s’ajoutant à celles octroyées depuis 1995. La compensation pour les salariés se fera par une augmentation progressive de la Contribution sociale Généralisé (CSG). Un impôt non progressif inventé – d’abord de manière temporaire – pour saborder le financement solidaire de la protection sociale. Donc le grand patronat n’a rien à débourser pour la rémunération du travail. « En même temps », il augmente une multitude de prix dans un contexte où, parait-il, la croissance repart.

L’année nouvelle commence en effet par des hausses tous azimuts des prix et tarifs, ceux du gaz, des carburants, des contrôles techniques des voitures, le montant des amendes de stationnement, le prix des parcmètres, l’augmentation des tarifs de la SNCF comme des péages d’autoroutes. Les collectivités seront quant à elles contraintes d’augmenter leurs tarifs pour faire face à l’étranglement de leurs finances et la suppression de la taxe d’habitation. Toutes ces hausses vont directement impacter les classes populaires du pays dont les revenus sont directement investis pour satisfaire les besoins humains fondamentaux. Mais, au delà, ce tour de passe-passe vise à enfoncer le clou des attaques contre le principe même de cotisation sociale qui permet la socialisation des richesses au profit de tous.

Comble du cynisme, c’est sur le dos des retraités que se fait l’opération : près de 7 millions d’entre eux sont appelés à supporter une hausse importante de la CSG. Sous couvert d’une hausse du salaire net vite absorbée, c’est l’amplification de la lutte que mène sans nuance les puissances industrielles et financières  contre ce qu’ils appellent « le coût » du travail », c’est-à-dire la part de la richesse produite qui revient aux travailleurs, sous forme de salaire net et différé grâce à la cotisation, pour leur permettre de vivre une vie digne, de couvrir leurs besoins en matière de santé, lors d’accident de la vie, de chômage, et de leur permettre de profiter d’une retraite paisible après une vie de labeur. En embuscade se cache la cohorte d’affidés du système assurantiel privé qui fait son miel de la couverture des risques et qui constitue un pilier du néolibéralisme en abreuvant la finance spéculative. Il est en effet un « coût » dont ne parle guerre : celui du capital au moment même où les alertes se multiplient sur le dangereux endettement des grandes entreprises françaises qui alimentent les circuits financiers et les rémunérations des actionnaires, contre la rémunération du travail, l’emploi et les indispensables dépenses de formation pour réussir les révolutions numériques et écologiques. Cette stratégie qui gonfle sans cesse une enflure financière pouvant provoquer de nouveaux krachs est très dangereuse. Les classes populaires en subiraient encore plus les conséquences si elles se trouvaient dépourvues de protection sociale et de services publics.

C’est sur un tel fond que le Président de La République s’est permis de lancer lors de ses vœux aux Français : « Demandez-vous chaque matin ce que pouvez-vous faire pour votre pays » Quel cynisme ! Celui qui n’a rien devrait se poser la même question que les mille premiers contributeurs de l’ISF qui vont bénéficier d’un cadeau de 400 millions d’euros et la poignée des milliardaires qui viennent d’augmenter leur fortune de près de 250 milliards d’euros ? En vérité M. Macron et ses relais politiques et médiatiques cherchent à créer les conditions d’une unité nationale pour pouvoir activer encore plus énergiquement la sulfateuse destructrice des droits économiques, sociaux et politiques. Il a le mandat des forces de l’argent  pour intégrer les salariés comme les privés d’emploi aux objectifs fondamentaux de la féroce loi du capital. Faire opposition à un tel projet exige un énorme travail d’explication pour aider les travailleurs à réclamer leur dû dans l’entreprise et la société. Il doit s’accompagner de propositions modernes, efficaces, crédibles pour ouvrir des chemins de l’alternative progressiste.

Que M. Macron avance à visage découvert et engage un vrai débat public : quel système de santé voulons nous, plus solidaire ou assurantiel privé ? Voulons-nous mettre nos retraites à dispositions des marchés financiers où les gérer collectivement et solidairement ? L’efficacité économique est-elle contraire à l’efficacité sociale ? Quel contenu de la croissance et pour qui ? Quelles initiatives pour un nouveau développement industriel en lien avec les avancées numérique et le respect de l’environnement ? Qu’est-ce que la « modernité », Etre au service de la finance ou du bien commun ? Les services publics des transports ou de la santé sont-ils des « coûts » ou des atouts pour la société ?  Voilà qui rehausserait considérablement la qualité du débat public.

4 commentaires


Moreau 11 janvier 2018 à 17 h 05 min

Le système de santé est trop assurantiel privé. Rama Yade proposait en 2017 la sécurité sociale à 90%, tout en étant pro-européenne, c’est fondamental. 10% en assurantiel privé alors. Le progrès de la sécurité sociale commence à accuser un retard dangereux.

Tout ne va pas bien et il est important de partager cette vérité. Une partie de la Jeunesse est atteinte. Des parents ne comprennent pas les difficultés : régression en Aquitaine constatée : des Jeunes renoncent à passer le permis de conduire auto parce qu’il est cher mais pas seulement pour cette raison ; faute d’avoir un contrat de travail assez solide et assez durable aussi, et parce que le nouveau contrôle technique va être cher, compliqué, arbitraire, et dissuasif, pour forcer à la consommation de voitures neuves ; et parce que enfin les voitures neuves du marché sont trop cher. Cette parti de la Jeunesse expose des raisons très proches des personnes qui plus ou moins âgées qui vivent sous le seuil de pauvreté, ou dans la précarité à faible pouvoir d’achat. Une partie de la Jeunesse et des personnes âgées sont atteintes ainsi, mais aussi des personnes de tranches d’âges différentes entre elles.

Moreau 12 janvier 2018 à 0 h 24 min

J’ai infiniment de mal à comprendre qu’il n’y a pas plus de réactions tellement je trouve que le nouveau contrôle technique étant arbitraire et si nous faisons un référendum je pense que ce serait confirmé viole les droits de l’Homme, en empêchant l’usufruit de la propriété de façon arbitraire, en dépréciant complètement la propriété, en portant atteinte à son utilité, à son usage. Il y a trop de sanctions prévues sans discernement. L’immobilisation, l’amende, ça devrait être pour quelques raisons de pollution ou de l’état trop usé des parties essentielles du véhicule pour la tenue de route, le freinage, la direction, la liste devrait être limitée, connue de façon claire, il ne doit pas avoir d’ambiguité, or la réglementation est sans limites, ambigüe et se prête à l’arbitraire.

Article 17

1. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

Nul ne peut être privé arbitrairement de sa propriété, de l’usage de sa propriété, sans raison suffisante réelle et sérieuse.

Moreau 12 janvier 2018 à 13 h 17 min

Le nouveau contrôle technique, c’est un bouquet de plusieurs fautes politiques très graves, pouvant avoir des conséquences très graves.
Les personnes qui se ressentent très victimes concluent que c’est pour forcer les gens à rouler avec des voitures neuves, tant la voiture est réputée fiable et non dangereuse pendant les cinq premières années. Ceci dit elles sont trop chères et pour parler concret : des Jeunes, des Précaires, des Retraités ; tous au niveau du seuil de pauvreté ou en dessous ; ne peuvent pas prétendre raisonnablement payer ne serait-ce qu’un leasing d’un montant mensuel de plus de 60€, il fallait prévoir le loyer modéré. Il faut donc une voiture standard, voiture pour tous, voiture éco, voiture du Peuple, voiture des Peuples de l’Union Européenne puisque l’Union Européenne émet quelque(s) directives ! Une voiture nouvelle donc qui devrait être au prix de 4000 ou 4500 €. Il faut aussi l’accès au crédit correspondant pour en devenir d’emblée propriétaire si tel est le choix. Il faut des normes de fiabilité suffisantes pour permettre de l’exempter de contrôle technique pendant ses cinq premières années ; puisque selon les experts une voiture ne devient plus ou moins dangereuse à conduire qu’au-delà.
Il faut à la France une politique du transport particulier digne de ce nom.
Il faut que la mensualité pour une voiture neuve standard soit de 60 €, c’est l’alternative même à la voiture d’une vingtaine d’années.

chb 22 janvier 2018 à 18 h 53 min

@ Moreau : une voiture neuve mais low-cost pour des salariés kleenex, est-ce pour qu’ils puissent passer d’un petit boulot à un autre sans écorner les profits ?
C’est une idée intéressante sauf que ce n’est cohérent qu’avec une éducation au rabais pour le bas peuple, des prestations sociales amoindries (santé, retraite) pour la majorité, la malbouffe pour les rmistes, smicards et chômeurs, la culture réservée à l’élite parce que hors de prix… en gros le paradis pour les 2 % amis du macronisme, et son ersatz ou plutôt l’enfer pour tous les autres.
Si chaque citoyen doit avoir sa juste part des richesses, je crois qu’il mérite pour ce faire de bénéficier d’abord d’un revenu décent. Les chinois (appelés fourmis par une Edith Cresson qui voyait la mondialisation créer tant de misère en Europe pendant l’envolée de la Bourse) améliorent leur quotidien, nos rentiers voyous doublent leur fortune tous les quatre ans, et nous nous devrions jeter nos R5 pour polluer mieux à 60 euros par mois ?
Le PCF a abandonné (et il nous a fait abandonner) toute perspective communiste. Dont acte. Mais je n’entérine quand même pas l’idéal d’une France attractive pour les seules multinationales prédatrices, comme leur promet le raout esclavagiste autour de Macron, à Versailles.

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